InternationalPolitique

Iran : Farah Pahlavi Convaincue d’une Victoire Inéluctable

Farah Pahlavi, depuis son exil parisien, lance un message fort : après les grandes manifestations, "plus de retour en arrière" n'est possible en Iran. Elle se dit prête à rentrer et convaincue que les Iraniens triompheront. Mais que cache vraiment cette déclaration ?

Dans un silence pesant qui a suivi des mois de tumulte, une voix venue du passé se fait soudain entendre avec une clarté tranchante. Depuis son appartement parisien, une femme qui a connu les fastes d’une cour impériale et l’amertume d’un exil forcé adresse un message d’espoir et de détermination à tout un peuple. À 87 ans, elle refuse de rester spectatrice face à l’histoire qui s’écrit actuellement en Iran.

Un message d’espoir depuis l’exil

Elle qui a partagé la vie du dernier souverain d’Iran avant la révolution de 1979 observe aujourd’hui les événements avec une conviction profonde. Pour elle, les grandes mobilisations populaires qui ont secoué le pays marquent un point de non-retour. Le régime en place depuis plus de quatre décennies ne pourra plus jamais retrouver la stabilité d’autrefois.

Ce constat n’est pas porté par la nostalgie d’un passé idéalisé, mais par l’observation attentive d’une société qui a changé en profondeur. La jeunesse, en particulier, refuse désormais l’ordre imposé et réclame des libertés fondamentales. Cette aspiration collective, selon elle, ne peut être étouffée indéfiniment.

Une conviction forgée dans l’épreuve

Elle évoque avec émotion son désir personnel de fouler à nouveau le sol iranien. Ce souhait, longtemps contenu, resurgit aujourd’hui avec force. Pourtant, elle précise immédiatement que son sort individuel importe peu face à l’enjeu principal : la liberté pour tous les Iraniens.

« Ce qui compte vraiment, ce n’est pas mon sort personnel ! C’est que la jeunesse et tout le peuple iranien soient enfin libres et débarrassés de ce régime criminel, rétrograde et obscurantiste », déclare-t-elle avec une fermeté qui ne laisse place à aucune ambiguïté.

J’ai refusé de nombreuses sollicitations de la presse ces dernières semaines mais il est de mon devoir d’adresser un message non seulement en soutien à mes compatriotes mais aussi au monde entier, qui doit les aider.

Cette prise de parole rare traduit un sentiment d’urgence. Elle sent que le moment est historique et que le silence serait une forme de complicité. En s’exprimant, elle espère amplifier la voix de ceux qui, sur place, risquent leur vie pour exprimer leur rejet du système en vigueur.

Le contexte des mobilisations actuelles

Les protestations ont débuté à la fin de l’année dernière par des revendications liées au coût de la vie. Très rapidement, elles ont pris une dimension politique majeure. Des slogans ouvertement hostiles au pouvoir ont retenti dans de nombreuses villes, transformant un mécontentement économique en contestation globale du régime.

Le mouvement a atteint son paroxysme début janvier, lorsque des foules importantes ont défié les autorités dans plusieurs régions. Cette mobilisation d’une ampleur exceptionnelle a surpris par sa radicalité et sa persistance malgré une répression brutale.

Selon diverses sources indépendantes, les forces de sécurité ont répondu par une violence extrême, causant un nombre très élevé de victimes. Ces chiffres, bien que difficiles à établir avec précision en raison du black-out imposé, témoignent de l’intensité du conflit actuel entre le pouvoir et une partie significative de la population.

Un parcours marqué par la rupture brutale de 1979

Pour comprendre la portée symbolique de sa déclaration, il faut remonter à l’année 1979. À cette époque, elle quitte précipitamment l’Iran avec son époux, contraints à l’exil par l’arrivée au pouvoir d’un nouveau régime religieux. Ce départ marque la fin d’une monarchie vieille de plusieurs millénaires et le début d’une République islamique.

Elle avait alors 41 ans. Derrière elle, une vie de reine et de chahbanou, couronnée à 29 ans par son époux. Devant elle, des décennies d’exil, partagées principalement entre Paris et les États-Unis. Aujourd’hui, elle vit toujours entre ces deux pôles, attentive aux nouvelles qui parviennent de son pays natal.

Son fils aîné, qui réside principalement aux États-Unis, s’est publiquement engagé dans la défense d’une transition démocratique. Il affirme être prêt à jouer un rôle dans l’avenir de l’Iran si le peuple le souhaite. Cette position familiale ajoute une dimension supplémentaire à l’intervention actuelle de sa mère.

Le symbole du drapeau au lion et au soleil

Lors de l’entretien, elle pose devant l’ancien drapeau impérial, celui orné du lion et du soleil. Ce choix n’est pas anodin. Pour beaucoup d’Iraniens opposés au régime actuel, cet emblème représente une période révolue mais aussi une identité nationale antérieure à la révolution islamique.

En se plaçant ainsi, elle revendique une continuité historique et culturelle qui transcende la rupture de 1979. Elle rappelle que l’Iran possède une identité plurimillénaire qui ne se réduit pas à l’expérience récente de la République islamique.

Ce geste visuel renforce le message politique : le régime actuel n’est qu’une parenthèse dans l’histoire longue du pays, et cette parenthèse pourrait se refermer.

La jeunesse au cœur du changement

Elle place la jeunesse au centre de la transformation en cours. Cette génération, née après la révolution ou dans ses premières années, n’a connu que la République islamique. Pourtant, elle refuse les règles imposées et revendique des libertés que ses parents n’osaient parfois pas espérer publiquement.

Les femmes, en particulier, jouent un rôle moteur dans la contestation. Leur visibilité dans les manifestations, leur courage face à la répression, impressionnent même à l’étranger. Beaucoup observent que le combat pour les droits des femmes cristallise aujourd’hui un rejet plus large du système politique et social en place.

Cette mobilisation féminine n’est pas nouvelle, mais elle atteint aujourd’hui une ampleur inédite. Elle touche toutes les classes sociales et toutes les régions du pays, transcendant les clivages traditionnels.

Un appel à la communauté internationale

Elle ne se contente pas d’exprimer son soutien moral. Elle lance un appel clair à la communauté internationale : elle doit accompagner et aider les Iraniens dans leur quête de liberté. Cet appel arrive à un moment où les chancelleries occidentales observent avec attention l’évolution de la situation.

Les réactions internationales restent toutefois prudentes. Les gouvernements craignent les conséquences d’un effondrement brutal du régime, notamment sur le plan de la stabilité régionale et de la question nucléaire. Pourtant, la répression massive complique la posture de neutralité ou de simple observation.

De nombreux observateurs estiment que le régime a perdu une légitimité importante aux yeux d’une partie croissante de la population. Cette érosion pourrait, à terme, créer les conditions d’un changement politique majeur.

Les défis d’une transition éventuelle

Si le régime devait s’effondrer ou se transformer profondément, la question de la transition se poserait immédiatement. Comment éviter le chaos ? Comment garantir que les forces centrifuges ne fassent pas imploser le pays ? Ces interrogations préoccupent autant les opposants que les analystes étrangers.

Elle-même ne propose pas de plan détaillé, mais elle affirme sa conviction que le peuple iranien saura trouver les voies d’une évolution pacifique vers plus de liberté. Elle croit en la capacité de la société iranienne à se réinventer après des décennies de contraintes.

Cette confiance repose sur l’observation d’une société civile qui, malgré la répression, maintient des réseaux d’entraide, de réflexion et de résistance. Ces structures invisibles pourraient constituer les fondations d’un nouvel ordre politique.

Une figure qui transcende les clivages

Son intervention dépasse le simple cadre monarchiste. En se plaçant au-dessus des querelles de personnes ou de chapelles, elle cherche à incarner une aspiration plus large : celle d’un Iran libéré de l’emprise théocratique, respectueux de sa diversité et ouvert sur le monde.

Cette posture rassemble potentiellement des sensibilités différentes au sein de l’opposition. Elle peut parler aussi bien à ceux qui rêvent d’un retour à une forme de monarchie constitutionnelle qu’à ceux qui souhaitent une république démocratique sans référence dynastique.

L’essentiel, pour elle, réside dans la fin du régime actuel qualifié de « criminel, rétrograde et obscurantiste ». Cette formule forte traduit une rupture totale avec le système mis en place en 1979.

L’écho dans la diaspora iranienne

La diaspora iranienne, particulièrement nombreuse en Europe et en Amérique du Nord, suit avec attention ces déclarations. Pour beaucoup d’exilés, elles résonnent comme un encouragement à maintenir la pression sur les autorités iraniennes et sur les gouvernements occidentaux.

Les manifestations de soutien dans plusieurs capitales occidentales ont pris de l’ampleur ces derniers mois. Les Iraniens de l’étranger se mobilisent pour relayer la voix de leurs compatriotes restés au pays, souvent au prix de menaces contre leurs familles restées en Iran.

Cette solidarité transnationale constitue une force nouvelle dans le paysage politique iranien. Elle permet de maintenir une visibilité internationale et d’exercer une pression constante sur le régime.

Vers un point de bascule historique ?

La question que chacun se pose aujourd’hui est simple : sommes-nous face à un simple épisode de contestation ou au début d’un changement irréversible ? Elle répond sans hésitation : le Rubicon a été franchi.

« Plus de retour en arrière » possible, affirme-t-elle. Cette formule lapidaire résume sa conviction profonde. Pour elle, le régime a perdu sa capacité à intimider durablement la population. Chaque répression renforce paradoxalement la détermination des contestataires.

Les mois à venir seront décisifs. La capacité du pouvoir à maintenir la cohésion de ses forces de sécurité et de son appareil idéologique sera mise à rude épreuve. De l’autre côté, la capacité de l’opposition à maintenir la mobilisation malgré les pertes humaines constituera un test crucial.

Un espoir porté par l’histoire longue de l’Iran

Elle puise sa confiance dans l’histoire millénaire de son pays. L’Iran a connu de nombreux empires, invasions, révolutions et transformations. À chaque fois, il a su renaître et préserver son identité profonde.

Cette résilience historique nourrit son optimisme. Elle croit que le génie créateur du peuple iranien finira par triompher des obstacles actuels. Pour elle, la période que traverse le pays n’est qu’une étape douloureuse vers une renaissance nécessaire.

Cet espoir n’est pas naïf. Elle connaît les difficultés immenses qui attendent ceux qui aspirent au changement. Mais elle refuse le découragement et appelle à la persévérance.

Conclusion : l’attente du monde entier

Aujourd’hui, le regard du monde se porte sur l’Iran. Les images des manifestations, les témoignages des victimes, les déclarations des opposants historiques comme elle alimentent un débat international sur l’avenir du pays.

Quelle que soit l’issue de cette confrontation inégale, une chose semble acquise : l’Iran ne sera plus jamais tout à fait le même. Les aspirations exprimées dans la rue ont révélé une société bien différente de celle que le régime prétendait représenter.

Elle conclut son message par une note d’espoir : les Iraniens sortiront vainqueurs de cette confrontation. Ce pronostic, prononcé par une femme qui a tout perdu en 1979 et qui pourrait tout regagner aujourd’hui, résonne avec une force particulière en ce début d’année.

L’histoire est en marche, et pour la première fois depuis longtemps, elle semble aller dans le sens de ceux qui rêvent d’un Iran libre.

Passionné et dévoué, j'explore sans cesse les nouvelles frontières de l'information et de la technologie. Pour explorer les options de sponsoring, contactez-nous.