Une reprise progressive marquée par des scènes contrastées
Dimanche, des miliciens pro-gouvernementaux, connus sous le nom de Wazalendo, ont fait leur entrée dans plusieurs quartiers sud de la ville. Accueillis par une population visiblement soulagée, ces combattants ont été suivis plus tard dans la journée par des unités des forces spéciales congolaises. Les habitants ont exprimé leur joie face à ce retour des autorités loyalistes, après une période d’occupation rebelle.
Cependant, l’arrivée n’a pas été sans incidents. Des tirs sporadiques ont retenti dans la cité, et des scènes de pillages ont été rapportées dans des magasins et des habitations. Ces actes de désordre ont terni l’atmosphère de libération pour certains résidents. Le porte-parole des forces armées a confirmé l’interpellation d’une vingtaine de civils impliqués dans ces pillages, soulignant l’engagement à rétablir l’ordre.
Le contexte de l’offensive et du retrait du M23
Le groupe M23 avait lancé une offensive début décembre dans la province du Sud-Kivu, s’emparant d’Uvira peu après la signature d’un accord de paix entre la RDC et le Rwanda, négocié sous l’égide des États-Unis. Cette prise de contrôle avait surpris, car elle intervenait au moment où des efforts diplomatiques visaient à apaiser les tensions régionales.
Quelques jours plus tard, le 17 décembre, les rebelles annonçaient un retrait de leurs troupes, invoquant une demande américaine. Malgré cela, des éléments policiers et militaires du groupe étaient restés présents dans la ville lacustre. Ce n’est que récemment que le M23 a déclaré vouloir évacuer ses dernières positions, proposant même de placer Uvira sous la responsabilité de la communauté internationale.
Des observateurs locaux ont noté des mouvements de troupes rebelles quittant la ville dès samedi. Ce retrait progressif a créé un vide sécuritaire temporaire, propice aux incertitudes et aux actes opportunistes.
La réaction des autorités et le déploiement en cours
L’armée congolaise a rapidement affirmé avoir repris le contrôle total lundi, après les entrées de la veille. Le porte-parole des FARDC a insisté sur le déploiement continu des troupes dans Uvira et ses environs pour consolider les positions. Cette opération vise à sécuriser la population et à prévenir tout retour offensif.
Le gouverneur de la province du Sud-Kivu a signalé que des combattants du M23 s’étaient repositionnés sur les hauteurs surplombant la ville, gardant leurs armes pointées vers les quartiers urbains. Des positions ont également été maintenues dans des localités proches, selon ses déclarations à la presse.
Les FARDC poursuivent leur déploiement dans la ville d’Uvira et ses environs afin de consolider leurs positions.
Porte-parole des forces armées congolaises
Cette phrase résume l’approche actuelle : une consolidation plutôt qu’une simple reprise symbolique. Les autorités cherchent à démontrer une maîtrise durable du terrain.
Impact sur la population civile
Uvira, cité de plusieurs centaines de milliers d’habitants, a vécu des semaines difficiles sous occupation. La prise initiale par le M23 avait provoqué des déplacements et une paralysie économique. Le retrait, bien que salué par beaucoup, a ouvert une phase de transition chaotique.
Les scènes de liesse lors de l’arrivée des Wazalendo contrastent avec les pillages observés. Ces actes, commis par une minorité, risquent de créer des tensions internes si l’armée ne parvient pas à les contenir rapidement. Les interpellations annoncées montrent une volonté de justice immédiate.
Pour les résidents, ce retour des forces gouvernementales représente un espoir de stabilité. Pourtant, la présence signalée de rebelles sur les hauteurs maintient une menace latente. La vie quotidienne reprend difficilement, avec des commerces qui hésitent à rouvrir pleinement.
Enjeux stratégiques et régionaux
Uvira occupe une position clé à la frontière avec le Burundi, contrôlant des axes routiers et lacustres essentiels. Sa reprise par l’armée congolaise renforce la présence étatique dans le Sud-Kivu, province voisine du Nord-Kivu où les combats avec le M23 font rage depuis des années.
Le retrait du M23, présenté comme volontaire, intervient après des pressions internationales. Le groupe a évoqué des demandes américaines pour justifier son départ initial. Cette dynamique illustre les interférences diplomatiques dans un conflit ancré dans des rivalités régionales.
La proposition de placer la ville sous responsabilité internationale reflète une tentative de légitimer le retrait tout en évitant une confrontation directe. Cependant, les autorités congolaises privilégient un retour des FARDC, refusant toute externalisation de la sécurité.
Perspectives et défis à venir
La consolidation du contrôle sur Uvira dépendra de la capacité des forces congolaises à maintenir l’ordre et à prévenir des contre-offensives. Les positions rebelles sur les hauteurs posent un risque permanent de tirs ou d’infiltrations.
Sur le plan humanitaire, la population a besoin d’une aide rapide pour reprendre une vie normale. Les pillages récents soulignent la fragilité de la transition. Une communication claire des autorités pourrait apaiser les craintes.
À plus long terme, ce développement pourrait influencer les négociations régionales. Le conflit dans l’est de la RDC reste complexe, avec des acteurs multiples et des intérêts croisés. La reprise d’Uvira marque une victoire tactique pour Kinshasa, mais le chemin vers une paix durable reste long.
Les prochains jours seront cruciaux pour évaluer si ce retour marque un tournant ou simplement une pause dans les hostilités. Les habitants d’Uvira, fatigués par les cycles de violence, espèrent une stabilité retrouvée.
Dans cette région riche en ressources mais minée par les conflits, chaque avancée sécuritaire est accueillie avec prudence. La vigilance reste de mise face aux mouvements observés autour de la ville.
Les forces armées poursuivent leurs efforts pour sécuriser les environs, interdisant tout retour en force des groupes armés. Cette phase de stabilisation demandera coordination et discipline.
Les communautés locales, diversifiées, attendent des garanties d’inclusion et de protection. Toute perception de favoritisme pourrait raviver des tensions internes.
En conclusion, la reprise d’Uvira par l’armée congolaise offre un espoir tangible, mais fragile, dans un contexte où la paix reste précaire. Les prochains rapports sur le terrain seront déterminants pour mesurer la solidité de cette avancée.









