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Bubba Watson Critique le Nouveau Format 72 Trous du LIV Golf

Bubba Watson ne mâche pas ses mots : selon lui, passer à 72 trous sur le LIV Golf tuerait le suspense et l’intensité qui faisaient la force du circuit. Pourquoi l’ancien capitaine des RangeGoats est-il si virulent ? La réponse pourrait surprendre…

Imaginez un circuit de golf où tout se joue en trois jours intenses, où chaque coup peut bouleverser le classement et où le suspense reste palpable jusqu’à la dernière minute. C’est exactement cette recette qui a fait le succès initial du LIV Golf. Pourtant, à quelques semaines du lancement de la saison 2026, une décision majeure vient de créer une vraie fracture au sein des joueurs : le passage à quatre jours de compétition et 72 trous.

Parmi les voix les plus critiques, celle de Bubba Watson résonne particulièrement fort. Le double vainqueur de Masters, connu pour son franc-parler autant que pour ses coups improbables, ne cache pas sa profonde déception face à ce changement de format.

Le virage à 72 trous qui divise le vestiaire

Depuis sa création, le LIV Golf a misé sur une proposition radicalement différente des circuits traditionnels. Trois jours de compétition, des départs en shotgun, des équipes, des prize money records et une ambiance résolument moderne : voilà la promesse initiale qui a séduit de nombreux joueurs.

En annonçant fin 2025 le passage à 72 trous dès la saison 2026, la ligue semble vouloir se rapprocher des standards classiques du golf mondial. Une décision stratégique qui ne fait visiblement pas l’unanimité.

Les arguments percutants de Bubba Watson

Interrogé récemment par un média britannique, Bubba Watson n’a pas tourné autour du pot. Pour lui, le charme du LIV résidait précisément dans cette formule courte et explosive.

« Je pense que nous devrions nous en tenir à trois jours. Avec le sprint sur trois tours, tout le monde reste au coude-à-coude. Quand on passe à quatre jours, les leaders se détachent et ça enlève énormément d’intérêt au dernier tour. »

Cette déclaration est loin d’être anodine. Elle pointe du doigt l’un des éléments différenciateurs majeurs du circuit saoudien : la tension permanente.

Dans un tournoi à 54 trous, il est statistiquement beaucoup plus difficile de creuser un écart conséquent. Un mauvais jour peut vous faire sortir du top 10 en quelques heures. À l’inverse, sur quatre tours, les meilleurs joueurs ont généralement plus de marge pour rattraper un faux pas ou pour consolider leur avance.

Le spectacle au cœur du débat

Watson insiste particulièrement sur l’aspect divertissement. Selon lui, le public vient avant tout pour vivre des émotions fortes.

« Quand tout le monde se bat au coude-à-coude, ça met plus de joueurs dans la course le dimanche. Ça crée du chaos, et c’est ce chaos qui rend les choses intéressantes pour les fans. »

Il n’est pas le seul à penser ainsi. Plusieurs observateurs du golf moderne soulignent que la formule courte permettait au LIV de proposer un produit plus proche des sports d’équipe ou des compétitions de sports mécaniques : du rythme, des retournements de situation et peu de temps mort.

« Le LIV Golf avait créé une nouvelle façon de consommer le golf : rapide, intense, presque addictive. Revenir vers un format classique, n’est-ce pas risquer de perdre cette identité si particulière ? »

Une décision stratégique aux multiples implications

Pourquoi ce changement alors ? Plusieurs pistes sérieuses sont évoquées dans le milieu.

Tout d’abord, le désir d’harmonisation avec les autres grands circuits. Les quatre tours restent la norme sur le PGA Tour, le DP World Tour et dans les majeurs. En s’alignant sur ce format, le LIV Golf espère sans doute faciliter un éventuel rapprochement ou une reconnaissance plus large dans l’écosystème golfique mondial.

Ensuite, la question des points au classement mondial. Depuis plusieurs saisons, le débat fait rage autour de la distribution de points OWGR aux joueurs du LIV. Un format à 72 trous pourrait potentiellement renforcer les arguments en faveur d’une meilleure intégration.

Les soutiens du nouveau format

Tous les joueurs ne partagent pas l’avis de Bubba Watson. Certains, au contraire, se réjouissent ouvertement de ce changement.

Parmi eux, Bryson DeChambeau a qualifié cette évolution de « victoire pour la Ligue et pour les joueurs ». Il estime que les 72 trous permettent d’élever le niveau de compétition et de proposer un produit plus sérieux aux yeux des observateurs extérieurs.

« En passant à 72 trous, LIV Golf s’aligne sur le format historique reconnu mondialement. C’est une évolution fantastique du produit, montrant que notre Ligue sait écouter et s’adapter. »

Cette divergence d’opinions illustre parfaitement la tension actuelle au sein du circuit : entre ceux qui veulent préserver l’ADN disruptif du LIV et ceux qui souhaitent une forme de normalisation.

L’effet Brooks Koepka

Dans le même entretien, Bubba Watson a également évoqué le retour récent de Brooks Koepka sur le PGA Tour après plusieurs saisons sur le LIV. Loin de le critiquer, il a soutenu son choix.

« C’est génial pour lui. En tant qu’ami, j’espère qu’il passe un bon moment. LIV a toujours été une passerelle vers d’autres circuits, donc c’est formidable. »

Cette déclaration montre une certaine ouverture d’esprit malgré les tensions actuelles. Elle rappelle aussi que les mouvements entre circuits restent fréquents et que le LIV n’est pas nécessairement perçu comme une voie sans retour par tous ses membres.

Quel avenir pour le LIV Golf en 2026 ?

Avec cette modification de format, le LIV Golf entre dans une nouvelle ère. Le premier tournoi de la saison 2026, prévu début février à Riyad, sera scruté avec beaucoup d’attention.

Plusieurs questions majeures se posent déjà :

  • Le passage à 72 trous va-t-il réellement augmenter l’audience ?
  • Le circuit va-t-il perdre une partie de son identité disruptive ?
  • Les joueurs vont-ils s’adapter facilement à ce rythme plus classique ?
  • Ce changement facilitera-t-il une réconciliation avec le monde golfique traditionnel ?

Pour l’instant, les réponses restent ouvertes. Mais une chose est sûre : la saison 2026 s’annonce comme un tournant majeur dans l’histoire encore jeune du LIV Golf.

La voix de Watson, reflet d’une nostalgie partagée ?

Au-delà du débat technique sur le nombre de tours, c’est peut-être une certaine nostalgie qui s’exprime à travers les propos de Bubba Watson. Celle d’un circuit qui osait proposer une alternative franche, radicale, presque punk dans le monde très codifié du golf professionnel.

En s’alignant davantage sur les standards existants, le LIV Golf prend le risque de diluer ce qui faisait sa singularité. Mais il prend aussi le pari qu’un format plus traditionnel lui permettra de toucher un public plus large et de gagner en légitimité.

Le match ne fait que commencer. Et les prochains mois diront si Bubba Watson avait raison de s’inquiéter… ou si ce changement était exactement ce dont le circuit avait besoin pour passer à l’étape suivante de son développement.

Une chose est certaine : dans le golf de 2026, rien n’est encore joué.

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