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Expulsions Prisonniers Étrangers Belgique +25% en 2025

Les expulsions depuis les prisons belges ont explosé de 25% en 2025, atteignant un pic historique. Derrière ce chiffre, une stratégie musclée vers le Maroc... mais aussi un dossier explosif qui fait débat : le possible dialogue avec les talibans. Jusqu'où ira la Belgique ?

Imaginez un instant : derrière les hauts murs des prisons belges, une mécanique discrète mais implacable s’est accélérée de manière spectaculaire en 2025. Les chiffres sont tombés récemment et ils parlent d’eux-mêmes : les éloignements forcés d’étrangers en situation irrégulière ont grimpé de 25 % en une seule année. Un bond impressionnant qui place l’année 2025 au sommet des statistiques de ces sept dernières années.

Cette hausse n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte d’une volonté politique clairement affichée, d’une organisation repensée et, surtout, d’une coopération internationale qui commence enfin à porter ses fruits. Mais derrière les courbes ascendantes se cachent aussi des débats brûlants, des choix éthiques complexes et des perspectives diplomatiques pour le moins inhabituelles.

Une accélération historique des retours forcés

Pour bien comprendre l’ampleur du phénomène, il faut remonter quelques années en arrière. Depuis longtemps, les autorités belges butaient sur les mêmes obstacles : refus de coopération de certains pays d’origine, difficultés logistiques, recours en cascade des personnes concernées, manque de places dans les centres fermés… Autant de freins qui rendaient les expulsions très laborieuses.

En 2025, la tendance s’est nettement inversée. Les services compétents ont enregistré une augmentation de un quart des éloignements effectifs depuis le milieu carcéral. On parle ici uniquement des personnes qui purgeaient une peine ou étaient en détention préventive et qui, en fin de parcours judiciaire, ont été directement acheminées vers leur pays d’origine plutôt que libérées sur le territoire.

Le Maroc, moteur principal de cette progression

Le royaume chérifien arrive très largement en tête des destinations concernées par cette hausse. Plusieurs facteurs expliquent ce résultat : une coopération technique renforcée, des vols charters mieux organisés, mais surtout une logique de réciprocité qui semble enfin fonctionner.

Les autorités belges ont insisté sur le caractère « pangouvernemental » de la démarche. Concrètement, ce terme cache une mobilisation de plusieurs ministères (Intérieur, Affaires étrangères, Justice, Mobilité pour les aspects aériens) travaillant de concert avec leurs homologues marocains. Résultat : des procédures simplifiées, des délais raccourcis et un taux de réalisation des renvois bien supérieur à la moyenne européenne.

« Quand la réciprocité devient réalité, les chiffres suivent très rapidement. »

Un haut fonctionnaire du département de l’Intérieur

Cette phrase résume assez bien l’état d’esprit actuel. Le Maroc, qui a besoin de conserver de bonnes relations économiques et politiques avec l’Union européenne, a multiplié les gestes d’ouverture ces derniers mois. En échange, les discussions sur l’aide au développement, les visas et les investissements se poursuivent dans un climat plus apaisé.

Les autres nationalités concernées par la hausse

Bien que le Maroc concentre la majorité des efforts, d’autres pays voient également leurs ressortissants expulsés en nombre croissant depuis les établissements pénitentiaires belges :

  • Algérie
  • Tunisie
  • Guinée
  • Géorgie
  • Albanie

Ces nationalités bénéficient souvent d’accords bilatéraux ou de procédures simplifiées qui permettent d’accélérer les démarches administratives une fois la peine purgée.

Le dossier afghan : vers un dialogue improbable ?

Mais la grande nouveauté, et sans doute le sujet le plus controversé de 2025, concerne les ressortissants afghans. Leur situation est particulièrement complexe depuis la reprise du pouvoir par les talibans en août 2021.

La Belgique compte plusieurs centaines d’Afghans en séjour irrégulier, dont une partie significative est actuellement incarcérée. Or, jusqu’à très récemment, aucun renvoi n’était possible : les talibans refusaient systématiquement les vols charters et l’Union européenne maintenait une position de non-reconnaissance du régime.

La donne semble toutefois évoluer. La ministre compétente en matière d’asile et de migration a publiquement évoqué la possibilité d’ouvrir un canal de discussion, même informel, avec les autorités de Kaboul. L’objectif affiché reste pragmatique : permettre le retour de personnes condamnées et ne pouvant prétendre à une protection internationale.

Une perspective qui divise profondément

Cette simple évocation a provoqué une onde de choc dans le paysage politique et associatif belge.

D’un côté, les partisans d’une ligne dure estiment qu’il faut regarder la réalité en face : les talibans contrôlent le territoire, ils sont donc les interlocuteurs de fait. Refuser tout contact revient à condamner des centaines de personnes à une situation d’impasse administrative permanente, source de tensions permanentes dans les centres fermés et les prisons.

De l’autre côté, une large partie de la classe politique, des ONG et des intellectuels dénoncent un dangereux précédent. Dialoguer, même sur des questions techniques, reviendrait à légitimer un régime accusé de graves violations des droits humains, en particulier à l’égard des femmes, des minorités et des opposants politiques.

« On ne négocie pas avec un régime qui lapide les femmes et interdit l’école aux jeunes filles. Point final. »

Une députée écologiste lors d’un débat parlementaire

Ce clivage traverse tous les partis traditionnels et rend la prise de décision particulièrement délicate.

Quelles alternatives envisagées ?

Face à cette impasse, plusieurs pistes sont actuellement à l’étude :

  1. Création d’un mécanisme régional avec le Pakistan et l’Iran comme pays tampons (très hypothétique)
  2. Renvois vers des pays tiers jugés « sûrs » ayant accepté de recevoir des Afghans (modèle albanais ou ruandais déjà expérimenté ailleurs)
  3. Maintien prolongé en centre fermé dans l’attente d’un changement de régime (solution coûteuse et juridiquement fragile)
  4. Dialogue technique minimal et non politique avec Kaboul, uniquement sur les questions d’identité et de laissez-passer (option actuellement privilégiée par le gouvernement)

Aucune de ces options ne fait consensus. Le débat risque donc de s’éterniser encore plusieurs mois.

Impacts concrets dans les établissements pénitentiaires

Sur le terrain, cette accélération des expulsions modifie sensiblement le quotidien des prisons belges.

Les détenus étrangers savent désormais que la libération ne signifie plus automatiquement la remise en liberté sur le territoire. Dans de nombreux cas, la fin de la peine est immédiatement suivie d’un transfert vers un centre fermé puis, dans un délai souvent très court, d’un embarquement.

Cette perspective change les comportements : certains condamnés multiplient les procédures dilatoires, d’autres au contraire acceptent plus facilement les démarches d’identification, conscients que le retour est devenu quasi inéluctable.

Conséquences sur la gestion carcérale

Du point de vue de l’administration pénitentiaire, le phénomène présente un double visage.

Positif : la perspective d’un éloignement rapide permet parfois d’éviter des tensions en fin de peine et diminue le nombre de détenus étrangers purgeant de longues périodes supplémentaires en détention administrative.

Négatif : l’accélération crée aussi de nouveaux défis logistiques et humains. Les équipes doivent gérer plus fréquemment des situations émotionnellement très lourdes : familles déchirées en quelques heures, détenus qui apprennent leur expulsion la veille du transfert, tentatives de suicide de dernière minute…

Vers une politique migratoire plus ferme et plus pragmatique ?

Globalement, l’année 2025 marque sans doute un tournant dans la gestion belge des migrations irrégulières et de la délinquance étrangère.

Après des années marquées par une certaine impuissance affichée, l’État semble avoir retrouvé une partie de sa capacité d’action grâce à une diplomatie plus offensive et une meilleure coordination interne.

Reste à savoir si cette inflexion sera pérenne. Beaucoup dépendra de l’évolution des relations bilatérales avec les principaux pays d’origine, mais aussi de la capacité du système judiciaire et administratif à tenir le rythme imposé par cette nouvelle ambition.

Quant à la question afghane, elle constitue sans doute le test le plus révélateur des années à venir. Entre realpolitik et principes fondamentaux, la Belgique devra trancher. Et ce choix influencera durablement sa crédibilité sur la scène européenne en matière migratoire.

Une chose est sûre : les murs des prisons belges, en 2025, ne se contentent plus seulement d’enfermer. Ils deviennent aussi, pour un nombre croissant d’étrangers condamnés, la dernière étape avant un retour souvent redouté dans leur pays d’origine.

Et cette mécanique, une fois lancée, semble difficile à stopper.

Le sujet reste brûlant et les prochains mois seront déterminants pour savoir si cette accélération de 2025 n’était qu’un sursaut temporaire ou le début d’une politique migratoire réellement nouvelle en Belgique.

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