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Lapsus Gênant de Pierre Lescure sur C à Vous Face à Paul Mirabel

Sur le plateau de C à Vous, Pierre Lescure lance à Paul Mirabel : « Vous avez chanté dans des caves sans lumière… ». Sauf que l’humoriste n’a jamais chanté. Un silence gênant s’installe… mais l’histoire ne s’arrête pas là.

Imaginez-vous sur un plateau télévisé, face à des caméras, entouré de chroniqueurs aguerris, et soudain… les mots dérapent. Une petite phrase anodine qui transforme un compliment en énorme quiproquo. C’est exactement ce qui s’est produit récemment dans une émission très suivie, lorsque l’un des invités les plus respectés du PAF a commis un lapsus qui a fait sourire certains téléspectateurs et rougir d’autres.

Quand les mots trahissent l’intention sur le petit écran

Le 15 janvier 2026, l’émission recevait un jeune humoriste dont la carrière décolle de manière spectaculaire ces derniers mois. Entre anecdotes sur les débuts chaotiques et évocation d’une tournée dans de très grandes salles, l’échange semblait couler de source. Jusqu’à ce moment précis où la langue a fourché de façon magistrale.

Le lapsus qui a traversé les écrans

Tout commence par une volonté louable : rappeler le parcours atypique et courageux de l’artiste. Le chroniqueur, visiblement admiratif, souhaite souligner les conditions parfois précaires des premiers spectacles. Il se lance alors :

« Vous racontez que vous avez chanté dans des caves où il n’y avait pas de lumière, pas de micro… »

Le silence qui suit est presque palpable. Car l’intéressé n’a jamais été chanteur. Jamais une guitare, jamais une scène ouverte micro en main pour reprendre Goldman ou Cabrel. Son domaine, c’est le rire, le texte ciselé, la chute qui tue. Pourtant, loin de corriger ou de s’offusquer, l’humoriste se contente d’un petit sourire et d’un acquiescement poli.

Le chroniqueur, emporté par son élan, enfonce le clou quelques instants plus tard :

« Vous avez chanté dans des parcs où s’arrêtaient éventuellement des promeneurs, et là on refuse du monde dans les Zéniths… »

Deuxième round, même scénario. Toujours aucun rire jaune, aucune remarque acide. L’équipe en plateau reste impassible. On pourrait presque croire à une blague préparée… mais non. Il s’agit bien d’un authentique dérapage verbal qui a traversé l’antenne sans être relevé sur le moment.

Paul Mirabel : un parcours qui mérite mieux qu’un lapsus

Derrière ce moment cocasse se cache pourtant une belle histoire de résilience. Paul Mirabel n’est pas arrivé là par hasard ni par piston. Son ascension est le fruit d’années de travail acharné, de portes qui claquent et de petites victoires accumulées patiemment.

Le jeune homme vient de Montpellier. Comme beaucoup avant lui, il quitte sa ville natale avec un rêve en tête et très peu de certitudes dans les poches. Direction Paris, la capitale qui attire et effraie à la fois. Il intègre d’abord une école de commerce réputée et décroche un master. Un parcours « sérieux », comme on dit dans les familles.

Mais au fond de lui, ce n’est pas la finance ni le marketing qui font battre son cœur. C’est le rire. C’est la scène.

Une fois son diplôme en poche, il prend la décision qui va tout changer : s’inscrire au cours Florent, temple historique du jeu d’acteur. Sauf que dans cette école prestigieuse, le stand-up n’est pas encore vraiment considéré comme une discipline à part entière. À l’époque, on le regarde parfois de haut.

Paul Mirabel raconte avoir ressenti une forme de mépris larvé de la part de certains professeurs. Le stand-up ? Pour eux, c’était presque du sous-théâtre. Il se souvient de cette sensation d’être un peu l’ovni de la classe, celui qu’on ne prend pas tout à fait au sérieux.

Des petites scènes aux Zéniths : la revanche du travailleur

Pourtant, le temps est parfois le meilleur allié des artistes patients. Après avoir été recalé à plusieurs reprises, l’école finit par le rappeler pour qu’il anime lui-même des ateliers. La boucle est bouclée. Celui qu’on regardait de travers est désormais sollicité pour transmettre son savoir.

Aujourd’hui, son spectacle Par amour affiche complet dans des salles de plusieurs milliers de places. Les Zéniths se succèdent, les dates s’enchaînent. Mais ce succès ne lui a pas fait tourner la tête. Au contraire, il confie préférer l’intimité des petites scènes.

« Vingt personnes je vois ce que c’est, 10 000 personnes je n’arrive pas à me le représenter. Et même s’il n’y a que la moitié qui rigole, ça fait déjà beaucoup de bruit. »

Cette phrase résume parfaitement l’état d’esprit de l’artiste : rester connecté à l’essentiel, à ce frisson unique que procure le contact direct avec le public, même quand celui-ci se compte sur les doigts d’une main.

Pourquoi ce lapsus touche plus qu’il ne dérange

Revenons un instant sur ce moment étrange du plateau. Au-delà de l’aspect comique involontaire, il révèle quelque chose de plus profond sur notre rapport aux artistes. Confondre stand-up et chanson, c’est aussi, inconsciemment, réduire le travail de l’humoriste à une forme de « divertissement léger ».

Alors qu’écrire un spectacle de stand-up demande une tout autre forme de précision : rythme, timing, construction, écoute du public, gestion du silence… Autant de compétences que l’on n’associe pas spontanément à un chanteur de rue, même très talentueux.

« Le rire est un art exigeant.
Il ne s’improvise pas plus qu’une aria de Mozart.

Paul Mirabel, en ne relevant pas la bourde, montre une forme de maturité rare. Plutôt que de chercher la petite phrase qui fait le buzz, il choisit de laisser couler. De continuer à parler de son métier, de ses galères, de ses joies. Comme pour dire : « Le plus important n’est pas là ».

Le stand-up français : une discipline enfin reconnue ?

Il y a encore dix ou quinze ans, très peu de gens auraient imaginé que le stand-up français remplirait des Zéniths. Aujourd’hui, c’est presque devenu banal. Mais ce changement de statut n’est pas arrivé tout seul.

Il est le fruit du travail d’une génération entière d’artistes qui ont patiemment construit leur public, d’abord dans des bars, puis dans des petites salles, ensuite dans des théâtres de 300-500 places, et enfin dans ces immenses enceintes que sont les Zéniths.

Ce parcours, Paul Mirabel l’incarne parfaitement. Il fait partie de cette vague d’humoristes qui refusent la facilité, qui prennent le temps d’écrire, de roder, de se tromper, de recommencer. Et qui, petit à petit, imposent leur style et leur univers.

Ce que nous apprend ce moment de télévision

Derrière un simple lapsus se cachent plusieurs réalités intéressantes :

  • Le stand-up est encore parfois perçu comme un art « mineur » par certains médias ou certaines générations
  • La télévision reste un lieu où les mots peuvent partir très vite… et rester très longtemps
  • La bienveillance et la retenue peuvent être des réponses plus puissantes que la vanne vengeresse
  • Le succès n’efface jamais complètement les années de galère ; elles font partie intégrante de l’identité artistique
  • Le public, même conquis par milliers, reste sensible à l’authenticité et à la proximité

Ces quelques minutes d’antenne résument finalement beaucoup de choses sur le métier d’humoriste aujourd’hui en France : un mélange d’exigence artistique, de résilience à toute épreuve et d’une forme de légèreté indispensable pour ne pas se prendre trop au sérieux.

Et si le vrai talent était dans la réaction ?

Finalement, la réaction la plus marquante de cet échange n’est peut-être pas le lapsus lui-même, mais la façon dont Paul Mirabel l’a accueilli. Pas de malaise ostentatoire, pas de regard en coin vers la présentatrice, pas de petite pique gentiment assassine.

Juste un sourire, une continuité dans le propos, et l’envie manifeste de parler de son métier plutôt que de l’anecdote du jour. Cette élégance dans la gestion de l’imprévu en dit long sur la maturité de l’artiste.

Dans un monde où le buzz se construit souvent sur la polémique et la petite phrase qui tue, choisir de ne pas enfoncer le clou relève presque de la performance artistique en soi.

Vers un avenir où le stand-up n’aura plus besoin d’être expliqué

On peut rêver d’un futur proche où plus personne ne confondra stand-up et chanson, one-man-show et concert acoustique. Où le travail d’écriture d’un humoriste sera considéré avec le même sérieux que celui d’un dramaturge ou d’un romancier.

En attendant ce jour, des artistes comme Paul Mirabel continuent, spectacle après spectacle, de faire bouger les lignes. Et parfois, il suffit d’un tout petit lapsus télévisé pour rappeler le chemin encore long qu’il reste à parcourir… mais aussi tout le chemin déjà parcouru.

Et vous, que feriez-vous si quelqu’un, en direct, vous attribuait une carrière que vous n’avez jamais eue ?

Le silence, le sourire, la vanne… ou la petite correction gentille ?

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