Société

Mystère à Londres : Trois Bébés Abandonnés, Parents Introuvables

Imaginez trois bébés découverts vivants par miracle dans des parcs londoniens, à des années d’intervalle, mais tous issus des mêmes parents. Malgré des années d’enquête, les autorités restent sans réponse. Et si un quatrième enfant voyait le jour sans être retrouvé à temps ?

Imaginez un promeneur ordinaire qui, par un soir glacial de janvier, entend des pleurs étouffés provenant d’un sac abandonné au bord d’un sentier. Il s’approche, ouvre prudemment, et découvre un nouveau-né, à peine enveloppé, le cordon ombilical encore attaché. Ce scénario, digne d’un film dramatique, s’est pourtant produit non pas une, mais trois fois dans le même coin de Londres, à des années d’écart. Chaque fois, les bébés ont survécu grâce à la chance et à la vigilance de passants. Chaque fois, les parents sont restés invisibles.

Cette histoire vraie secoue par sa répétition et son mystère. Entre 2017 et 2024, trois nourrissons ont été abandonnés dans des parcs de l’est de la capitale britannique, dans des quartiers populaires et multiculturels. Les tests ADN ont révélé qu’ils formaient une fratrie. Pourtant, après des années d’efforts, la police semble toucher au bout de ses pistes. Comment une mère peut-elle répéter un tel geste extrême sans jamais être identifiée ?

Un enchaînement glaçant d’abandons dans l’est londonien

L’affaire commence discrètement en septembre 2017. Un bébé garçon est retrouvé enveloppé dans une couverture blanche, dans un petit parc de Plaistow. Les circonstances sont déjà alarmantes : pas de mot, pas de trace, juste un nourrisson laissé à la merci du froid naissant de l’automne. Les autorités le baptisent temporairement Harry. L’enquête démarre, mais reste sans avancée majeure.

Moins de deux ans plus tard, en janvier 2019, l’histoire se répète. Une petite fille est découverte dans un autre parc, à moins de deux kilomètres du premier lieu. Elle est emmitouflée dans une couverture et placée dans un sac de courses, près d’un banc dans une aire de jeux. Les températures chutent, la neige menace. Ses pleurs attirent un passant qui alerte immédiatement les secours. Elle reçoit le prénom provisoire de Roman. Là encore, aucune piste concrète n’émerge.

Puis, cinq ans passent. En janvier 2024, un troisième nourrisson, une fillette, est trouvé dans des conditions presque identiques. Moins d’une heure après sa naissance, elle est déposée dans un sac réutilisable, enveloppée d’une serviette, au bord d’un chemin près d’une route passante d’East Ham. Un promeneur de chien l’entend pleurer et la sauve in extremis. Le personnel hospitalier la nomme Elsa, en référence à la princesse de La Reine des Neiges, tant la nuit était glaciale. Cette fois, les enquêteurs intensifient leurs recherches.

La révélation qui change tout : une fratrie cachée

En juin 2024, un tournant majeur survient. Les analyses ADN confirment ce que certains soupçonnaient : les trois enfants partagent les mêmes parents biologiques. Ils sont frère et sœur à part entière. Cette information, d’abord protégée par le tribunal de la famille, est rendue publique suite à une demande de médias. Le caractère exceptionnel de l’affaire éclate au grand jour.

Pour la première fois au Royaume-Uni, une série d’abandons concerne des enfants d’une même fratrie sur une si longue période. Les enquêteurs parlent d’un cas « sans précédent ». La zone concernée reste la même : les quartiers d’East Ham et Plaistow, à l’est de Londres, des secteurs mélangés où se côtoient maisons victoriennes cossues et immeubles sociaux.

La proximité géographique des découvertes n’est pas un hasard. Les trois lieux se situent à quelques kilomètres les uns des autres, souvent près du Greenway, une voie verte qui traverse la zone. Cela suggère que la personne responsable connaissait parfaitement le secteur et choisissait des endroits discrets, hors champ des caméras de surveillance.

Une enquête titanesque aux résultats décevants

La police métropolitaine n’a ménagé aucun effort. Des centaines de portes ont été frappées dans un rayon ciblé de 400 foyers. Plus de 450 heures d’images de vidéosurveillance ont été visionnées. Une récompense de 20 000 livres sterling a été offerte pour toute information menant à l’identification des parents. Des spécialistes du profilage géographique et comportemental ont été mobilisés, en collaboration avec l’Agence nationale du crime.

Malgré cela, aucune correspondance ADN n’a été trouvée dans les bases nationales. Aucune trace tangible n’a permis d’identifier la mère ou le père. En 2025, les enquêteurs ont même demandé aux résidents volontaires de fournir un échantillon ADN pour comparaison, sans obligation légale. Peu de réponses concrètes en sont ressorties.

Nous avons épuisé toutes les pistes raisonnables. Nous devons maintenant décider si nous continuons ou si nous classons l’affaire.

Un porte-parole de l’enquête

L’inquiétude grandit autour d’un possible quatrième enfant. L’inspecteur principal en charge du dossier a exprimé publiquement sa crainte qu’un nouveau-né ne survive pas à un abandon similaire. Cette perspective hante les enquêteurs et les observateurs.

Qui peut abandonner trois enfants de cette façon ?

Les experts en psychologie médico-légale avancent plusieurs hypothèses. La mère pourrait être une femme en situation de grande vulnérabilité : peur des autorités, grossesse dissimulée, absence totale de soutien familial ou social. Le fait qu’elle ait accouché seule, sans aide médicale, met sa vie en danger autant que celle des bébés.

Certains spécialistes pointent du doigt le statut migratoire possible de la mère. Dans un contexte de politiques migratoires strictes et de climat parfois hostile, une femme sans-papiers pourrait tout faire pour éviter tout contact avec les services sociaux ou la police. L’abandon deviendrait alors un acte désespéré pour protéger à la fois l’enfant et elle-même.

Elle était probablement terrifiée, incapable de voir une autre issue. Cela ne justifie rien, mais cela explique peut-être le geste extrême.

Un psychologue expert en abandons d’enfants

D’autres évoquent la possibilité que la mère soit elle-même victime : coercition, violence domestique, ou une situation où elle ne peut physiquement se manifester. La répétition du geste sur plusieurs années renforce l’idée d’une détresse chronique, sans échappatoire apparente.

Le sort des enfants : adoption et avenir incertain

Heureusement, les trois petits ont été sauvés et protégés. Harry, l’aîné, et Roman, la cadette, ont été adoptés il y a plusieurs années. Leurs prénoms ont été changés pour préserver leur intimité. Elsa, la benjamine, aujourd’hui âgée de presque deux ans, vit dans une famille d’accueil chaleureuse qui a entamé une procédure d’adoption définitive.

Une juge aux affaires familiales a décrit la petite Elsa comme « un concentré de rires et d’enthousiasme », une enfant pleine de vie malgré les circonstances de sa venue au monde. Les familles adoptives ont accepté que les trois enfants maintiennent des contacts réguliers à mesure qu’ils grandissent. Ce lien fraternel unique est considéré comme précieux.

Malheureusement, sans acte de naissance officiel ni trace administrative, ils n’auront probablement jamais accès à l’identité de leurs parents biologiques. Cette absence laisse une blessure affective profonde, que les spécialistes qualifient de « souffrance permanente ».

Un phénomène rarissime en Grande-Bretagne

L’abandon de nouveau-nés est devenu extrêmement rare au Royaume-Uni. Les statistiques officielles ne sont même plus compilées depuis plusieurs années. Entre 2008 et 2018, seulement huit cas de « foundlings » (enfants trouvés) ont été recensés en Angleterre et au Pays de Galles. Aucun n’impliquait une fratrie sur une si longue période.

Contrairement à la France, où l’accouchement sous X permet un abandon anonyme légal, ou à certains États américains équipés de « boîtes à bébés », le Royaume-Uni n’offre aucune voie officielle d’abandon anonyme. Toute femme en difficulté doit passer par les services sociaux, ce qui peut effrayer celles qui fuient tout contact administratif.

Cette absence de solution légale alimente le débat : faut-il créer un mécanisme sécurisé pour éviter que des nourrissons ne soient laissés dans des conditions aussi périlleuses ? L’affaire des trois bébés d’East Ham ravive cette question sans apporter de réponse simple.

Les réactions d’une communauté choquée

Dans les rues d’East Ham, l’histoire continue de hanter les habitants. Une mère locale se souvient encore du froid intense le jour où elle a appris la découverte de Roman, peu après la naissance de son propre fils. Elle ne comprend pas comment on peut en arriver là, mais imagine une situation sans issue.

En tant que mère, je me demande comment on peut abandonner son enfant. Cela ne peut venir que d’une situation désespérée, sans autre choix possible.

Une habitante d’East Ham

Certains évoquent une forme de solidarité silencieuse dans ces quartiers diversifiés. Des églises locales prient pour la mère et les enfants. D’autres résidents se transforment en détectives amateurs, scrutant les alentours, espérant une révélation. Mais le silence reste pesant.

Et demain ? Une affaire qui marque les esprits

Aujourd’hui, l’enquête semble sur le point de s’arrêter. Les autorités doivent trancher : poursuivre des investigations sans résultat tangible ou classer le dossier en gardant un œil vigilant sur d’éventuels nouveaux cas. Cette décision n’est pas anodine.

Pour les trois enfants, l’avenir s’annonce stable grâce à l’amour de leurs familles adoptives. Mais le vide autour de leurs origines restera. Pour la société britannique, cette affaire rappelle cruellement que, même dans un pays développé, des drames familiaux extrêmes peuvent se produire à l’abri des regards.

Elle interroge aussi sur notre capacité collective à repérer et aider les femmes en détresse avant qu’elles n’en arrivent à de tels extrêmes. Elle pose enfin la question de la résilience : comment des enfants abandonnés dès leur premier souffle peuvent-ils grandir avec force et joie malgré tout ?

Le mystère des bébés d’East Ham n’est peut-être pas près d’être résolu. Mais il continuera longtemps de hanter les consciences, rappelant que derrière chaque fait divers se cache une histoire humaine d’une intensité rare.

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