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Bitcoin entre dans un supercycle ? L’analyse 2026

Bitcoin va-t-il vraiment briser son mythique cycle de quatre ans ? Un cadre de Fidelity évoque l’arrivée d’un supercycle avec des sommets prolongés et des corrections bien plus légères. Quels signaux concrets observons-nous en ce début 2026 ? La réponse pourrait redéfinir...

Et si le Bitcoin que nous connaissons depuis 2012, celui des cycles prévisibles, des euphories explosives suivies de krachs violents, était en train de disparaître ? En ce début d’année 2026, alors que le prix oscille autour des 92 000 dollars, une question obsède de plus en plus de gérants, analystes et investisseurs de long terme : assistons-nous à la naissance d’un authentique supercycle ?

Le débat n’est plus vraiment spéculatif. Il devient stratégique. Car entre ceux qui attendent patiemment le traditionnel effondrement post-sommet et ceux qui parient sur une nouvelle trajectoire de prix beaucoup plus stable et ascendante, c’est toute la grille de lecture du marché qui est en train de se fissurer.

Un possible tournant historique pour Bitcoin

Depuis sa création, Bitcoin a vécu au rythme implacable des halvings. Tous les quatre ans environ, la récompense des mineurs est divisée par deux. Ce mécanisme de rareté programmée a généré des cycles d’une régularité presque horlogère : accumulation discrète → montée spéculative frénétique → sommet historique → capitulation massive → nouvelle accumulation… et on recommence.

Mais aujourd’hui, plusieurs indices sérieux laissent penser que cette mécanique bien huilée pourrait être en train de perdre de sa superbe, voire de devenir obsolète.

Les trois piliers du scénario supercycle

Pour comprendre pourquoi certains acteurs institutionnels envisagent sérieusement l’hypothèse d’un supercycle, il faut examiner les trois moteurs structurels les plus souvent cités.

1. L’arrivée massive et continue des ETF spot Bitcoin

Contrairement aux cycles précédents où l’essentiel des achats provenait de particuliers souvent très émotionnels, nous assistons depuis 2024 à une captation massive et régulière de flux par les ETF Bitcoin spot américains.

Ces produits financiers, détenus majoritairement par des investisseurs institutionnels et des family offices, ne vendent généralement pas en panique lors des corrections de -25 % ou -30 %. Leur comportement est beaucoup plus proche de celui des acheteurs de long terme sur actions technologiques ou sur or physique que de celui des traders retail de 2017 ou 2021.

« Les ETF représentent désormais une demande persistante, presque mécanique, qui lisse les cycles émotionnels traditionnels. »

Cette régularité de flux entrants change profondément la dynamique. Là où les anciens cycles pouvaient connaître des asséchements complets de liquidités pendant plusieurs mois, nous observons aujourd’hui des rebonds beaucoup plus rapides dès que la pression vendeuse s’atténue.

2. Un environnement politique soudainement très favorable

Le second catalyseur majeur est d’ordre réglementaire et politique. Après des années de bras de fer, d’enquêtes interminables et de menaces de classification comme security, l’administration américaine actuelle affiche une posture clairement pro-crypto.

Les promesses de cadre légal clair, de sanctuarisation du minage domestique, de statut de réserve stratégique pour Bitcoin et surtout la diminution très nette du risque réglementaire ont un effet puissant : ils libèrent le potentiel d’allocation de très gros capitaux qui restaient jusqu’ici sur le banc de touche par peur juridique.

Quand le risque perçu passe de « existentiel » à « gérable », le comportement des allocataires change radicalement. Et c’est exactement ce que nous commençons à observer depuis la fin de l’année 2024.

3. La maturité croissante et la décorrélation progressive

Le troisième argument est peut-être le plus technique, mais aussi le plus fondamental : Bitcoin commence à se comporter de moins en moins comme une action technologique sur-vendue et de plus en plus comme une classe d’actifs autonome.

Les corrélations glissantes 90 jours avec le Nasdaq et le S&P 500, qui pouvaient atteindre 0,85-0,90 en pleine panique, redescendent régulièrement sous les 0,60. Par moments, on observe même des phases de décorrélation quasi-complète.

De la même manière, la corrélation avec l’or physique diminue progressivement. Bitcoin n’est plus simplement perçu comme de « l’or numérique » dans les moments d’euphorie ; il développe sa propre personnalité de marché.

À quoi ressemblerait concrètement un supercycle Bitcoin ?

Contrairement à une idée répandue, un supercycle ne signifie pas une ligne droite ascendante sans aucune correction. Personne de sérieux ne défend cette vision.

Ce que les partisans du supercycle anticipent plutôt, c’est :

  • Des sommets cycliques beaucoup plus hauts et plus longs
  • Des corrections toujours significatives (-30 à -50 %) mais plus brèves
  • Une durée totale du cycle qui passe de ~4 ans à potentiellement 6-10 ans
  • Une volatilité annualisée qui diminue progressivement (même si elle restera toujours élevée par rapport aux classes traditionnelles)
  • Une base de prix plancher qui monte structurellement à chaque cycle

En résumé : des montagnes russes toujours présentes, mais dont les vallées deviennent moins profondes et les sommets beaucoup plus élevés et plus durables.

2026 : l’année du verdict ?

Si l’on suit la chronologie classique, le sommet du cycle actuel aurait dû théoriquement se situer entre octobre 2025 et mars 2026, suivi d’une correction majeure de 12 à 18 mois.

Or, à l’heure où ces lignes sont écrites (mi-janvier 2026), nous n’avons toujours pas observé le classique pattern « blow-off top + capitulation verticale ».

Le marché alterne plutôt entre des phases d’accumulation latérale haute et des impulsions haussières relativement calmes. La peur extrême (Fear & Greed Index sous 25) n’est quasiment plus apparue depuis plus de 9 mois.

C’est précisément cette absence de capitulation violente qui alimente le narratif du supercycle. Mais ce n’est pas encore une preuve. Juste un indice de plus en plus difficile à ignorer.

Les contre-arguments les plus solides

Les défenseurs du cycle classique de 4 ans ne manquent pas d’arguments non plus. En voici les principaux :

  1. Nous ne sommes peut-être que dans la phase d’accumulation pré-explosive (comme 2016-2017 ou mi-2020)
  2. Les flux ETF pourraient s’inverser très rapidement en cas de crise systémique mondiale
  3. La plupart des grands cycles haussiers de matières premières ont fini par un blow-off top spectaculaire
  4. La psychologie humaine n’a pas fondamentalement changé : cupidité et peur restent les moteurs principaux
  5. L’effet de halving sur l’offre nouvelle reste mathématiquement réel et puissant

Autrement dit : pour l’instant, rien n’est tranché. Nous sommes dans une zone grise fascinante où les deux narratifs coexistent et se combattent quotidiennement sur les carnets d’ordres.

Comment positionner son portefeuille dans l’incertitude actuelle ?

Face à cette ambiguïté structurelle, plusieurs écoles stratégiques s’affrontent :

StratégieLogiqueProfil de risqueHorizon conseillé
DCA agressifCroire au supercycle et accumuler sans essayer de timerTrès élevé3-7 ans
DCA modéré + rééquilibrageAccumulation régulière + prises partielles sur les +70-100%Élevé2-5 ans
Approche cyclique classiqueVendre 50-80% aux niveaux de greed extrême, attendre bear marketMoyen à élevé4 ans
Position longue avec hedgeLong spot + puts OTM ou short altcoins en cas de krachMoyen18-36 mois

Chacune de ces approches a ses mérites et ses risques évidents. Le choix dépend avant tout de votre conviction personnelle sur la probabilité réelle de bascule vers un supercycle.

Et après ? Scénarios possibles pour fin 2026 – 2027

Voici quatre trajectoires réalistes qui font aujourd’hui débat parmi les équipes d’allocation sérieuses :

  • Scénario 1 – Supercycle confirmé : Bitcoin consolide entre 85k et 140k pendant 18-24 mois puis attaque les 250-400k en 2027-2028
  • Scénario 2 – Cycle classique retardé : blow-off top vers 180-240k mi-fin 2026 puis bear market de 18 mois vers 60-90k
  • Scénario 3 – Cycle hybride : double top étalé (un premier en 2025, un second plus haut en 2027) avec correction intermédiaire limitée à -45%
  • Scénario 4 – Échec du supercycle précoce : krach de -65% à -75% dès mi-2026 sur fond de crise macro et déception réglementaire

À date, le scénario 1 et le scénario 3 semblent recueillir le plus d’adhésion parmi les institutionnels, tandis que la communauté technique plus traditionnelle penche encore majoritairement pour le scénario 2.

Conclusion : la plus grande incertitude depuis 2015 ?

En ce milieu janvier 2026, Bitcoin se trouve peut-être à l’un des points d’inflexion les plus importants de son histoire. Jamais depuis l’apparition des ETF et l’arrivée de la première vague institutionnelle réelle en 2020-2021, le marché n’a présenté un tel degré d’ambiguïté structurelle.

Ce qui est certain, c’est que la réponse ne viendra pas des prédictions de prix tonitruantes sur les réseaux sociaux. Elle viendra, mois après mois, de l’observation patiente de trois éléments :

  • le comportement réel des flux ETF (entrées/sorties nettes hebdomadaires)
  • l’évolution de la corrélation avec les grands indices et l’or
  • la profondeur et la durée des prochaines corrections significatives

En fonction de la façon dont ces trois métriques évolueront au cours des prochains trimestres, nous saurons progressivement si Bitcoin est vraiment entré dans une nouvelle ère… ou s’il nous prépare simplement le plus beau et le plus trompeur des faux signaux de son histoire.

Une chose est sûre : les années 2026 et 2027 seront probablement parmi les plus passionnantes et les plus déterminantes que le marché crypto ait jamais connues.

À suivre… très attentivement.

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