Imaginez une seconde : le Bitcoin flirte avec les 95 000 dollars, l’euphorie reprend doucement après des semaines de consolidation, et soudain une annonce venue de Washington fait trembler les écrans de tous les traders. En quelques minutes, le roi des cryptomonnaies perd plusieurs points de pourcentage et se retrouve coincé sous une zone de prix que beaucoup considèrent comme un mur infranchissable. Ce scénario n’est pas fictif : il s’est produit le 13 janvier 2026 suite à une déclaration choc sur des tarifs douaniers massifs visant le commerce avec l’Iran.
Quand la géopolitique percute le marché crypto
Les marchés financiers n’aiment pas l’incertitude. Et quand le 45e et 47e président des États-Unis brandit à nouveau l’arme tarifaire, cette fois contre tous les pays commerçant avec l’Iran, l’onde de choc ne se limite pas aux actions ou au pétrole. Les actifs numériques, souvent présentés comme « déconnectés » du système traditionnel, réagissent eux aussi très vivement. Bitcoin a ainsi glissé sous les 92 000 dollars après avoir touché un plus haut à 92 435 dollars dans la journée.
Derrière ce mouvement, plusieurs facteurs s’entremêlent : crainte d’une escalade géopolitique, renforcement du dollar, rotation sectorielle vers des valeurs refuges traditionnelles… et surtout une réaction technique très marquée sur le graphique BTC. Car si l’annonce a servi de déclencheur, le prix n’est pas tombé de nulle part : il a simplement buté – une fois de plus – sur une zone de résistance particulièrement dense.
Une zone de supply lourde qui refuse de céder
Les analystes qui scrutent les carnets d’ordres et les profils de coût des investisseurs s’accordent sur un point : Bitcoin se heurte actuellement à une véritable muraille vendeuse. Cette zone, située aux alentours des 92 000 – 93 000 dollars, concentre un volume très important d’achats récents. Beaucoup d’acteurs ayant pris position dans cette fourchette refusent de vendre à perte et attendent soit le break-out, soit une capitulation plus profonde pour couper.
Ce phénomène crée ce que les techniciens appellent une supply zone épaisse : une concentration de vendeurs prêts à défendre leur prix d’entrée. Tant que cette zone n’est pas « mangée » par les acheteurs – c’est-à-dire absorbée via un volume massif de transactions haussières – le marché reste prisonnier d’un range relativement étroit.
Le plus intéressant reste la divergence entre le court terme prudent et le positionnement long terme. Les investisseurs institutionnels et les whales accumulent toujours des positions haussières sur les échéances lointaines, notamment via des calls très éloignés dans le temps. Preuve que la foi dans un Bitcoin à six chiffres d’ici 2027-2028 n’a pas disparu, même si le chemin s’annonce cahoteux.
Options : le nettoyage du marché se poursuit
Autre signal intéressant venu des dérivés : l’open interest sur les options Bitcoin a fondu de presque 50 % ces dernières semaines. Ce phénomène traduit un désengagement massif des spéculateurs de court terme, ceux qui pariaient sur des mouvements rapides et violents. Une fois ces positions liquidées, le marché se retrouve plus « propre », avec moins de risques d’explosions directionnelles liées à des squeezes forcés.
Paradoxalement, cette purge rend le marché plus stable… mais aussi plus ennuyeux à très court terme. Sans catalyseur majeur, Bitcoin risque de continuer à osciller dans une fourchette de 5 à 8 % pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Une situation frustrante pour les day-traders, mais plutôt saine pour ceux qui construisent des positions patiemment.
« Le tableau des dérivés est désormais très net : moins de bruit spéculatif à court terme, mais une accumulation discrète sur les maturités longues. »
Cette citation résume parfaitement l’état d’esprit actuel des grands acteurs du marché des options. Ils ne parient plus sur un pump immédiat, mais sur une tendance haussière structurelle qui se matérialisera plus tard.
Ethereum et altcoins : même combat, sauf exceptions
Si Bitcoin a reculé d’environ 1,8 % sur 24 heures, Ethereum a suivi le même chemin avec une baisse légèrement moins prononcée. Les deux mastodontes restent englués dans leur phase de consolidation entamée fin décembre 2025. Les altcoins suivent globalement le leader, à quelques exceptions près.
Les vrais gagnants du jour ? Les privacy coins. Malgré l’interdiction récente de plusieurs jetons axés sur la confidentialité dans une place forte du Web3, Monero et Dash ont enregistré des hausses significatives. Preuve que lorsque l’incertitude géopolitique monte, certains investisseurs se tournent vers des actifs offrant un maximum d’anonymat et de résistance à la censure.
Ce mouvement rappelle les périodes de tension internationale passées : dès que les États durcissent leur ton sur la surveillance financière, les cryptos orientées confidentialité retrouvent instantanément de l’attrait.
Un agenda macro explosif à venir
La déclaration sur l’Iran n’est qu’un élément parmi d’autres dans un calendrier 2026 déjà très chargé. Les publications des chiffres d’inflation américains, les décisions de la Réserve fédérale, les résultats trimestriels des grandes banques, sans oublier les suites de l’enquête en cours sur le président de la Fed… chaque événement peut provoquer une onde de choc sur les marchés risqués, crypto compris.
Un stratège respecté du marché des changes résumait la situation ainsi :
« La volatilité macro restera élevée. Les niveaux de prix actuels sur Bitcoin et Ethereum seront déterminants pour savoir si nous sortons par le haut ou si nous prolongeons la consolidation. »
En clair : tant que BTC ne casse pas franchement les 94 000 dollars avec du volume, et tant qu’ETH ne dépasse pas durablement les 3 400 dollars, le marché restera coincé dans un trading range pénible mais prévisible.
Que faire en tant qu’investisseur aujourd’hui ?
Face à ce contexte, plusieurs stratégies coexistent selon le profil de risque de chacun :
- Les traders actifs peuvent jouer les bornes du range avec des positions courtes à la résistance et longues au support (actuellement autour de 89 000 – 90 000 dollars pour BTC).
- Les hodlers long terme continuent d’accumuler à chaque dip significatif, considérant que les fondamentaux macro (rareté, adoption institutionnelle, halving 2024 toujours en mémoire) restent extrêmement solides.
- Les investisseurs thématiques se tournent vers les privacy coins ou les projets DeFi les plus résilients face à une potentielle régulation accrue.
Quelle que soit la voie choisie, une chose est sûre : 2026 ne sera pas un long fleuve tranquille pour les cryptomonnaies. Entre les décisions politiques imprévisibles, les données économiques cruciales et les évolutions technologiques toujours en cours, le marché promet encore de nombreuses surprises.
Vers un nouveau test des 85 000 dollars ?
Certains analystes techniques n’excluent pas un retour vers les 85 000 – 87 000 dollars si la pression vendeuse s’intensifie et que le support intermédiaire des 90 000 dollars cède. Ce niveau correspond à une ancienne zone de distribution du mois de novembre 2025 et pourrait attirer à nouveau les acheteurs opportunistes.
À l’inverse, un rejet clair de la résistance actuelle suivi d’un volume d’achat massif pourrait enfin lancer la fameuse « jambe haussière » tant attendue depuis l’été 2025. Dans ce cas, les 100 000 dollars redeviendraient rapidement un objectif psychologique crédible.
Le paradoxe du marché crypto en 2026
Ce qui frappe le plus dans la période actuelle, c’est ce paradoxe : d’un côté un positionnement long terme toujours très haussier (accumulation sur les ETF, intérêt croissant des family offices, intégration progressive dans les bilans d’entreprises), de l’autre un court terme plombé par la peur, l’incertitude et des niveaux techniques compliqués.
Ce grand écart crée des opportunités… mais aussi beaucoup de frustration. Les nouveaux arrivants sur le marché ont parfois du mal à comprendre pourquoi un actif qui a multiplié par 4 en deux ans peut soudainement stagner pendant des mois. Pourtant, c’est exactement ce genre de phase qui forge les grands cycles haussiers : accumulation silencieuse, capitulation des impatients, puis explosion quand le consensus change enfin de direction.
En attendant le prochain catalyseur majeur – qu’il vienne de la macro, de la régulation ou d’une avancée technologique –, Bitcoin et les principales cryptomonnaies semblent condamnés à danser dans un range relativement étroit. Une danse parfois ennuyeuse, souvent stressante… mais qui fait partie intégrante du jeu.
Et vous, comment positionnez-vous votre portefeuille dans ce contexte ? Patience d’acier ou impatience fébrile ? Le marché, lui, continue de tester les nerfs de tout le monde.
Points clés à retenir
- Annonce de tarifs de 25 % sur le commerce avec l’Iran → pression immédiate sur les actifs risqués
- Bitcoin bloqué sous une dense zone de résistance supply autour de 92-93k $
- Open interest options en forte baisse → marché plus propre, moins spéculatif à court terme
- Privacy coins (Monero, Dash) en hausse malgré les interdictions locales
- Calendrier macro très dense en 2026 → volatilité maintenue
La suite du premier trimestre 2026 s’annonce décisive. Rester attentif aux niveaux techniques majeurs, surveiller les flux institutionnels et garder un œil sur les déclarations politiques : voilà la recette pour naviguer dans ce nouvel épisode mouvementé de l’histoire crypto.









