Une nouvelle offensive contre l’économie malienne
Dans le cercle de Bafoulabé, près de la localité de Bafoulabé, des hommes armés lourdement équipés ont lancé une attaque coordonnée contre plusieurs installations industrielles. Les assaillants, arrivés à moto en grand nombre, ont semé la destruction en incendiant des bâtiments et des équipements essentiels. Cette opération, survenue tôt le dimanche, a provoqué des dégâts considérables, forçant les autorités à dépêcher rapidement des renforts sécuritaires sur place.
Les sites touchés produisent des matériaux de base comme le ciment, la chaux et des produits dérivés, cruciaux pour la construction et l’industrie locale. La violence a non seulement endommagé les infrastructures mais a aussi semé la peur parmi les travailleurs et les populations environnantes. Un dirigeant d’une des usines a décrit des dégâts considérables, soulignant que la reconstruction s’annonce longue et coûteuse.
Les détails de l’attaque du dimanche
Les assaillants, estimés à environ 160 individus selon des observateurs spécialisés dans la sécurité au Sahel, se sont divisés en groupes pour frapper simultanément les cibles. Ils circulaient à moto, ce qui leur a permis une grande mobilité sur les pistes et routes de la zone. Les sites visés incluent une usine produisant du carbonate de calcium, de la chaux et des enduits, ainsi que deux autres installations dans le même secteur industriel.
Des incendies ont ravagé les lieux, avec des nuages de fumée visibles à plusieurs kilomètres. Des engins et des stocks ont été détruits, rendant les usines inopérantes pour une période indéterminée. Quatre civils ont été enlevés durant l’assaut, un mode opératoire récurrent qui permet aux groupes armés de financer leurs activités via des rançons potentielles.
Les terroristes, après le blocus économique, veulent empêcher les usines de tourner.
Cette citation d’une source sécuritaire illustre parfaitement l’objectif affiché : asphyxier l’économie en s’en prenant aux piliers productifs. L’attaque n’avait pas été revendiquée en début d’après-midi, mais le mode opératoire rappelle les actions menées par des groupes affiliés à des organisations extrémistes dans la zone.
Un contexte de jihad économique au Sahel
Depuis l’été dernier, le Mali connaît une intensification des attaques visant les intérêts économiques. Les convois de carburant ont été particulièrement touchés, provoquant des pénuries sévères dans la capitale et des délestages électriques. Ces actions ont grippé l’activité quotidienne, augmentant les prix et compliquant la vie des citoyens.
Les jihadistes ont étendu leur stratégie aux sites industriels et miniers, cherchant à couper les ressources financières de l’État et à décourager les investissements. En juin, des menaces explicites ont été proférées contre les industries étrangères et les entreprises collaborant avec les autorités sans autorisation préalable. Depuis, plusieurs enlèvements de civils, souvent étrangers, ont été recensés, principalement dans l’ouest du pays.
Ces enlèvements servent doublement : ils génèrent des fonds via des rançons et créent un climat d’insécurité qui repousse les opérateurs économiques. La région de Kayes, stratégique pour ses ressources minières et ses corridors commerciaux, est devenue un terrain privilégié pour ces opérations.
Les sites ciblés et leurs impacts locaux
Parmi les usines attaquées, l’une produit du carbonate de calcium, de la chaux et des enduits, essentiels pour le bâtiment et l’industrie. Le dirigeant de cette entreprise a exprimé son désarroi face à des dégâts considérables, indiquant que deux autres usines du secteur ont subi le même sort, avec des incendies ravageurs.
Ces installations emploient de nombreux locaux, contribuant à l’économie régionale. Leur paralysie risque d’entraîner des licenciements, une hausse du chômage et une baisse des revenus fiscaux. Un élu local a plaidé pour un renforcement urgent de la sécurité, soulignant que ces sites avaient déjà été visés il y a quelques mois.
La répétition des attaques montre une volonté de destruction durable. Les assaillants visent à rendre impossible la reprise rapide des activités, forçant les entreprises à des investissements massifs en reconstruction et en protection.
Les conséquences sur l’économie nationale
Le Mali, pays sahélien enclavé, dépend fortement de ses industries extractives et de transformation pour générer des revenus. Les attaques contre les sites industriels s’ajoutent aux blocus sur les routes, perturbant l’approvisionnement en carburant et en biens essentiels. En octobre et novembre, la capitale a connu des pénuries graves, avec des files d’attente interminables et des coupures d’électricité prolongées.
Cette stratégie dite de jihad économique vise à affaiblir l’État en le privant de ressources. Les industries touchées participent à la chaîne de valeur nationale : matériaux de construction, exportations potentielles. Leur arrêt impacte les chantiers publics, le logement et même l’agriculture via les intrants.
Les enlèvements aggravent la situation en décourageant les investisseurs étrangers, déjà prudents face à l’insécurité. Le pays risque une spirale : moins de production, moins de recettes, moins de capacité à financer la sécurité.
Les réponses des autorités et les appels à l’aide
Face à ces événements, l’État a réagi en envoyant des renforts dans la zone. Des mesures de sécurisation accrue sont évoquées, mais la vastitude du territoire et la mobilité des assaillants compliquent la tâche. Un élu de Kayes insiste sur la nécessité de protéger durablement ces sites vitaux.
Les populations locales vivent dans la crainte. Le couvre-feu nocturne, instauré depuis plusieurs mois dans la région, limite les déplacements mais n’empêche pas les incursions diurnes. Les communautés appellent à une présence renforcée des forces de sécurité pour restaurer la confiance.
L’Etat doit renforcer la sécurité sur place.
Cet appel reflète un sentiment partagé : sans protection adéquate, les efforts de reconstruction économique resteront vains.
Le Sahel face à une menace persistante
Le Mali n’est pas isolé dans cette crise. Le Sahel entier subit la progression des groupes extrémistes, qui exploitent les fragilités étatiques, les porosités frontalières et les tensions communautaires. Les attaques économiques marquent une évolution tactique : au-delà des affrontements militaires, ils visent la résilience quotidienne des populations.
Dans l’ouest malien, la région de Kayes, avec ses mines d’or et ses routes vers le Sénégal, représente un enjeu majeur. Perturber ces flux isole le pays et accentue les pressions sur le pouvoir central. Les voisins régionaux observent avec inquiétude, craignant une contagion.
Pour l’avenir, la réponse devra combiner renforcement sécuritaire, développement économique inclusif et coopération régionale. Sans cela, les attaques risquent de se multiplier, plongeant davantage le Mali dans l’instabilité.
Ces événements rappellent la vulnérabilité d’un pays confronté à des défis multiples. La population malienne aspire à la paix et à la stabilité pour reconstruire. Mais chaque nouvelle attaque repousse cet horizon, rendant urgente une mobilisation collective.
Les prochains jours seront décisifs pour évaluer l’ampleur réelle des dégâts et les mesures prises. Une chose est sûre : le Mali paie cher cette guerre asymétrique qui s’attaque désormais à son tissu économique.









