L’appel à l’unité régionale contre le fléau du narcotrafic
Dans ce contexte de crise, le dirigeant colombien a lancé un appel solennel à la coopération avec le Venezuela intérimaire. Il a publiquement invité la présidente par intérim vénézuélienne à unir leurs efforts pour combattre les puissants réseaux de trafic de drogue. Selon lui, cette lutte commune est devenue indispensable pour éviter que le narcotrafic ne serve d’excuse parfaite à des interventions extérieures déstabilisantes en Amérique latine.
Cet appel à l’action conjointe vise à transformer une menace partagée en opportunité d’unité régionale. Les deux pays partagent une frontière de plus de 2 200 kilomètres, souvent qualifiée de poreuse, où opèrent des guérillas et des groupes criminels financés par le commerce illicite de cocaïne. Une collaboration renforcée pourrait permettre de frapper plus efficacement ces structures transnationales.
Le message est clair : sans unité, la région risque de rester vulnérable aux ingérences étrangères, qui utilisent souvent la lutte antidrogue comme prétexte à des opérations plus larges. L’Amérique latine doit, selon cette vision, se défendre collectivement contre toute tentative de déstabilisation.
Une frontière sous haute tension
La longue ligne frontalière entre la Colombie et le Venezuela constitue l’un des corridors les plus actifs du trafic de drogue en Amérique du Sud. Des guérillas puissantes, alimentées par les revenus colossaux de la cocaïne, y exercent un contrôle territorial réel. Ces groupes armés profitent du chaos pour étendre leur influence, rendant toute opération unilatérale extrêmement complexe.
Les autorités colombiennes ont longtemps pointé du doigt cette porosité comme l’un des principaux obstacles à la pacification interne. Aujourd’hui, l’appel à une action commune vise précisément à combler ces failles par une coordination bilatérale renforcée, où les forces des deux nations pourraient opérer de manière complémentaire.
Le message est clair : sans unité, la région risque de rester vulnérable aux ingérences étrangères, qui utilisent souvent la lutte antidrogue comme prétexte à des opérations plus larges. L’Amérique latine doit, selon cette vision, se défendre collectivement contre toute tentative de déstabilisation.
Les efforts de paix avortés en Colombie
Depuis son accession au pouvoir en 2022, le président colombien a misé sur une politique de paix totale, tentant d’ouvrir des négociations avec les différents groupes armés encore actifs. Ces pourparlers, notamment avec l’Armée de libération nationale (ELN), ont connu des avancées partielles avant d’être suspendus en 2024.
Ces échecs successifs ont mis en lumière la difficulté de résoudre par le dialogue un conflit alimenté par des intérêts économiques criminels. Le narcotrafic continue d’être le principal moteur de la violence, rendant les accords de paix fragiles tant que les flux financiers illicites ne sont pas asséchés.
L’appel actuel à une coopération régionale s’inscrit donc dans cette continuité : face à l’échec relatif des négociations internes, il faut élargir le champ d’action pour attaquer le problème à sa racine transfrontalière.
La capture qui a tout changé
L’arrestation du dirigeant vénézuélien le 3 janvier 2026, suivie de son transfert aux États-Unis pour répondre d’accusations de narcoterrorisme, a créé un vide politique immédiat au Venezuela. Cette opération militaire américaine a été présentée comme une frappe décisive contre les réseaux de drogue, mais elle a aussi ouvert une phase d’instabilité régionale.
La mise en place d’une présidence intérimaire a suscité des réactions contrastées. Pour certains, elle représente une opportunité de renouveau ; pour d’autres, un risque d’ingérence accrue. C’est dans ce tumulte que l’invitation à une alliance antidrogue a été formulée, avec l’espoir de canaliser les tensions vers un objectif commun.
L’Amérique latine doit se défendre contre tout acteur qui la déstabilise, et cela implique l’unité de ses armes.
Cette phrase résume l’urgence ressentie : face aux turbulences actuelles, seule une réponse unie peut préserver la souveraineté régionale.
Le rapprochement inattendu avec Washington
Parallèlement à l’appel lancé à Caracas, un dialogue direct s’est ouvert avec l’administration américaine. Un entretien téléphonique a eu lieu entre les présidents colombien et américain, marquant le premier contact depuis le retour au pouvoir du républicain en janvier 2025.
Cet échange a débouché sur une invitation officielle à Washington et sur l’annonce d’actions conjointes contre certains groupes armés. Le ministre colombien de la Défense a confirmé une réunion virtuelle avec le Département de la Défense américain pour désigner les principales guérillas comme des objectifs communs de haute valeur.
Cette coopération vise à mobiliser des technologies avancées pour réduire drastiquement l’influence des cartels et des groupes rebelles impliqués dans le narcotrafic. Il s’agit d’une première étape vers une stratégie plus intégrée, combinant renseignements, frappes ciblées et opérations transfrontalières.
La réponse des groupes armés
Face à ces menaces croissantes, le chef d’un groupe rebelle dissident, qui avait rejeté l’accord de paix de 2016, a réagi en convoquant un sommet urgent des commandants insurgés de Colombie et d’Amérique latine.
Il a insisté sur la nécessité d’oublier les anciennes divisions pour faire front commun contre un ennemi perçu comme extérieur. Cette initiative vise à consolider les forces insurgées face à une pression militaire accrue, tant de la part de Bogotá que de Washington.
Nous savons qu’il existe des différences héritées du passé qui existent encore parmi nous, mais aujourd’hui nous sommes confrontés à un ennemi commun.
Cette déclaration illustre la polarisation croissante : d’un côté, les États cherchent à coordonner leurs efforts ; de l’autre, les groupes armés tentent de s’unir pour survivre.
Les enjeux pour la région entière
Le narcotrafic n’est pas seulement un problème de sécurité intérieure pour la Colombie ou le Venezuela. Il touche l’ensemble de l’Amérique latine, alimentant corruption, violence et migrations forcées. Les revenus générés par la cocaïne financent non seulement les guérillas mais aussi des réseaux criminels plus larges, impliqués dans l’exploitation minière illégale et la contrebande.
Une réponse unie pourrait changer la donne, en asséchant les sources de financement et en réduisant les espaces de non-droit. Cependant, elle suppose une confiance mutuelle souvent absente dans une région marquée par des historiques de rivalités et d’ingérences.
Les prochains mois seront décisifs. L’appel à l’action conjointe pourrait ouvrir la voie à une coopération historique, ou au contraire accentuer les fractures si les soupçons persistent. Dans tous les cas, la lutte contre le narcotrafic est devenue le terrain où se joue une partie essentielle de l’avenir de l’Amérique latine.
Les développements actuels montrent que la région est à un tournant. Entre unité régionale et pressions extérieures, les choix faits aujourd’hui auront des répercussions durables sur la stabilité et la souveraineté des nations concernées. La suite des événements sera scrutée avec attention, tant par les acteurs locaux que par la communauté internationale.
En attendant, l’appel lancé à Caracas reste suspendu comme un défi majeur : saura-t-on transformer la crise en opportunité d’unité contre le fléau commun ? L’Histoire jugera.









