Imaginez un actif qui, en quelques jours seulement, passe de 87 000 à plus de 93 000 dollars. C’est exactement ce qu’a vécu le Bitcoin en ce début janvier 2026. Et au cœur de cette flambée, un géant de la finance traditionnelle : BlackRock.
Le fonds ETF Bitcoin de la société, connu sous le nom d’IBIT, vient d’enregistrer sa plus importante journée d’entrées depuis près de trois mois. Un signal fort qui montre que les investisseurs institutionnels sont de retour en force.
Une rentrée tonitruante pour les ETF Bitcoin
Le 2 janvier 2026, IBIT a attiré pas moins de 287,4 millions de dollars en une seule journée. C’est le plus gros afflux quotidien depuis la mi-octobre précédente. Ce chiffre n’est pas anodin : il témoigne d’un regain d’appétit pour le Bitcoin au moment précis où beaucoup rééquilibrent leurs portefeuilles.
Ce mouvement ne s’est pas limité à BlackRock. L’ensemble des ETF Bitcoin spot a collecté 471,3 millions de dollars ce jour-là, le meilleur résultat depuis novembre. Fidelity et Bitwise ont également bénéficié d’entrées significatives, sans qu’aucun fonds n’enregistre de sorties.
Sur la semaine, les flux nets atteignent 458,7 millions de dollars. Un renversement clair après certaines périodes plus tièdes en fin d’année dernière.
Le phénomène du « January effect » à l’œuvre
Chaque début d’année, les investisseurs institutionnels procèdent à des ajustements majeurs. Portefeuilles rééquilibrés, nouvelles allocations, prises de bénéfices ou renforcement de positions : janvier est traditionnellement un mois charnière.
En 2025, le Bitcoin avait quelque peu sous-performé en fin d’année face à certaines altcoins. Résultat : beaucoup d’acteurs ont vu dans ce début 2026 l’occasion idéale de se repositionner à bon compte. Les ETF, outils parfaits pour une exposition réglementée, deviennent alors le canal privilégié.
Cette dynamique n’est pas nouvelle, mais elle prend une ampleur particulière cette année. Les gestionnaires de fonds, contraints par leurs mandats, profitent de la liquidité accrue et des prix encore attractifs pour augmenter leur exposition.
BlackRock, leader incontesté du secteur
Depuis le lancement des ETF Bitcoin spot, BlackRock s’est imposé comme le dominant absolu. Fin 2025, ses fonds Bitcoin avaient capté près de 24,7 milliards de dollars d’entrées cumulées. Une performance qui représente à elle seule une large part des 32 milliards investis dans l’ensemble des produits crypto réglementés.
Ce leadership n’est pas le fruit du hasard. La réputation de la firme, sa capacité à attirer les grands investisseurs institutionnels et la liquidité exceptionnelle d’IBIT expliquent cette suprématie. Chaque mouvement de BlackRock est scruté, car il influence souvent la tendance globale.
Lorsque IBIT attire près de 300 millions en une séance, le message envoyé au marché est clair : les gros acteurs croient toujours au potentiel du Bitcoin sur le long terme.
Contexte géopolitique : le Bitcoin refuge ?
Parallèlement aux flux institutionnels, un événement majeur a secoué les marchés ce week-end : l’opération américaine ayant conduit à la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro. Dans ce climat de tensions accrues, le Bitcoin a poursuivi sa hausse pour un quatrième jour consécutif.
De 87 480 dollars le 1er janvier, le cours a atteint un pic intrajournalier à 93 169 dollars. Beaucoup d’observateurs y voient la confirmation du rôle du Bitcoin comme actif refuge en période d’instabilité géopolitique.
Cette narrative gagne du terrain. Avec la nouvelle administration Trump et sa politique « America First », certains anticipent une adoption accrue du Bitcoin comme réserve stratégique. Un hedge macroéconomique face aux incertitudes mondiales.
Les investisseurs institutionnels, qui pèsent de plus en plus lourd, semblent partager cette vision. Leurs achats massifs via les ETF confortent cette idée.
Analyse technique : un breakout confirmé
Sur le plan technique, le Bitcoin sort d’une figure de consolidation en triangle symétrique sur le graphique journalier. La sortie par le haut est généralement un signal haussier puissant.
Le niveau clé à surveiller désormais est le support à 91 488 dollars, correspondant au retracement Fibonacci de 23,6 %. Tant que le prix reste au-dessus, les acheteurs gardent la main.
En cas de tenue, la prochaine cible logique serait le plus haut de décembre autour de 94 267 dollars. Au-delà, la route vers de nouveaux records historiques pourrait s’ouvrir rapidement.
À retenir : le Bitcoin affiche +3,3 % sur sept jours, +9 % depuis son creux de décembre et près de 14 % depuis son point bas de novembre. Il reste cependant 26,6 % sous son ATH d’octobre.
Pourquoi cette hausse intervient-elle maintenant ?
Plusieurs facteurs convergent. D’abord, l’effet janvier classique. Ensuite, le rattrapage après une fin 2025 où certaines altcoins avaient surperformé. Enfin, le contexte géopolitique qui renforce l’attrait pour les actifs décentralisés.
Mais il y a plus profond. Les institutions, après avoir digéré les premiers ETF en 2024 et 2025, entrent maintenant dans une phase d’allocation plus agressive. Elles ne voient plus le Bitcoin comme une simple spéculation, mais comme une classe d’actifs à part entière.
Les chiffres le prouvent : 67 % des entrées totales dans les produits crypto réglementés en 2025 sont allées vers les ETF Bitcoin. Un transfert massif de capitaux traditionnels vers la crypto.
Les autres ETF dans le sillage de BlackRock
Fidelity, avec son FBTC, a capté 88,1 millions ce jour-là. Bitwise (BITB) en a attiré 41,5 millions. Les autres fonds ont partagé le reste. Aucun n’a enregistré de sorties, signe d’une confiance généralisée.
Cette concurrence saine profite à l’ensemble de l’écosystème. Plus les ETF attirent de capitaux, plus la liquidité augmente, plus les prix se stabilisent à la hausse.
On assiste à une maturation rapide du marché. Les volumes journaliers atteignent des niveaux jamais vus, rendant le Bitcoin plus accessible et moins volatile à long terme.
Perspectives pour 2026 : vers de nouveaux sommets ?
Si la tendance actuelle se confirme, 2026 pourrait être l’année de la consécration institutionnelle. Les analystes les plus optimistes voient le Bitcoin tester les 100 000 dollars dès le premier semestre.
Les arguments ne manquent pas : politique monétaire toujours accommodante dans plusieurs régions, inflation persistante, instabilité géopolitique, et adoption croissante par les entreprises et les États.
Le chemin ne sera pas linéaire. Des corrections sont toujours possibles. Mais la structure de marché, portée par des flux institutionnels constants, semble solide.
Le message est clair : le Bitcoin n’est plus un actif marginal. Il s’intègre peu à peu dans les portefeuilles des plus grands investisseurs mondiaux. Et quand BlackRock bouge, le marché suit.
Cette nouvelle phase pourrait bien marquer le début d’un cycle haussier durable. À suivre de très près dans les prochaines semaines.
Le Bitcoin ne demande pas la permission. Il impose simplement sa réalité aux marchés traditionnels, un million de dollars à la fois.
(Note : les données chiffrées sont issues des flux officiels au 5 janvier 2026. Les analyses techniques et prospectives n’engagent que leur auteur et ne constituent pas un conseil en investissement.)









