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Nouveau Meurtre à Marseille : La DZ Mafia Défie la Ville

Ce dimanche soir, dans le quartier animé de Belsunce, des coups de feu ont retentit. Un homme est mort, un autre blessé. Les tueurs, en fuyant, auraient clamé leur appartenance à la DZ Mafia. Mais que cache vraiment cette signature sanglante ? La guerre du narcotrafic vient-elle de franchir un nouveau cap terrifiant à Marseille ?

La nuit tombait sur Marseille quand, vers 21h30 ce dimanche 4 janvier 2026, des détonations ont brisé le calme relatif du quartier Belsunce. Dans la rue des Petites-Maries, un homme s’effondre, touché mortellement par plusieurs balles. À quelques mètres, un second individu est atteint à la jambe avant de parvenir à prendre la fuite. Les auteurs, eux, disparaissent à bord d’une voiture, non sans avoir, selon plusieurs témoins, clamé haut et fort leur appartenance à la « DZ Mafia ». Un nouvel épisode tragique dans une ville qui semble prisonnière d’une spirale de violence sans fin.

Une fusillade qui signe un territoire

Ce n’est pas un simple fait divers. Quand les tueurs revendiquent à voix haute leur clan en quittant les lieux du crime, le message est clair : il s’agit d’un règlement de comptes, d’une démonstration de force dans la guerre impitoyable que se livrent les réseaux de narcotrafic. La DZ Mafia, nom qui résonne de plus en plus dans les rapports policiers, semble vouloir marquer son territoire au prix du sang.

Le quartier Belsunce, au cœur du 1er arrondissement, n’est pas un inconnu des services de police. Situé non loin de la Canebière, il concentre une activité commerciale intense le jour et une tout autre réalité la nuit. Boutiques, restaurants, mais aussi points de deal et zones de tension : ce secteur incarne les contrastes brutaux de la deuxième ville de France.

Que sait-on exactement des faits ?

Les premières informations font état d’une scène classique des homicides liés au trafic de stupéfiants. Plusieurs individus descendent d’un véhicule, tirent à de multiples reprises, puis repartent aussi vite qu’ils sont arrivés. La victime décédée, grièvement touchée, n’a pas pu être ranimée malgré l’intervention rapide des secours. L’autre blessé, atteint à la jambe, a refusé dans un premier temps de coopérer avec les forces de l’ordre, un comportement fréquent dans ce type d’affaires où la loi du silence prime.

Ce qui distingue toutefois cet événement, c’est la revendication orale des assaillants. Crier « DZ Mafia » en s’enfuyant n’est pas anodin. C’est une signature, un avertissement adressé autant aux rivaux qu’aux habitants du quartier. Une manière de dire : nous contrôlons, nous punissons, nous dominons.

Aucun détail sur l’identité des victimes n’a filtré pour l’instant, mais le profil correspond souvent à celui de personnes impliquées, de près ou de loin, dans le trafic local. Guetteur, revendeur, ou simple débiteur : dans ce milieu, la moindre dette ou trahison peut valoir une sentence définitive.

La DZ Mafia : un clan qui monte en puissance

Le nom « DZ Mafia » fait référence, selon les observateurs, à un réseau originaire des quartiers nord de Marseille, avec des racines algériennes (« DZ » pour Algérie, Dzayer en arabe dialectal). Ces dernières années, ce clan s’est imposé comme un acteur majeur du narcobanditisme local, rivalisant avec les groupes historiques comme celui dit de la « Yoda » ou d’autres équipes issues des cités sensibles.

Leur montée en puissance s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, l’arrivée massive de cocaïne sur le marché européen via les ports méditerranéens, dont Marseille reste une porte d’entrée privilégiée. Ensuite, la fragmentation des anciens grands réseaux, qui laisse la place à des équipes plus jeunes, plus violentes, prêtes à tout pour s’imposer.

La DZ Mafia se distingue par son organisation quasi militaire et sa capacité à recruter parmi les générations les plus jeunes. Des adolescents deviennent guetteurs, puis charbonneurs, avant parfois de grimper dans la hiérarchie. Une pyramide où l’argent coule à flots pour ceux qui survivent assez longtemps.

Les enquêteurs notent également une communication assumée : tags sur les murs, clips de rap glorifiant le clan, et désormais ces revendications directes sur les lieux des crimes. Une stratégie qui vise à terroriser les adversaires tout en attirant les recrues potentielles séduites par l’image de puissance.

Marseille, ville sous perfusion de narcotrafic

Il est impossible de parler de ce meurtre sans replacer le contexte plus large. Depuis plusieurs années, Marseille détient le triste record du nombre d’homicides liés au trafic de drogue en France. En 2024 et 2025, les chiffres ont continué d’exploser, avec des règlements de comptes presque hebdomadaires dans certains périodes.

Les quartiers nord restent les plus touchés, mais la violence déborde désormais vers le centre-ville. Belsunce, Opéra, Noailles : ces zones autrefois perçues comme plus sûres voient apparaître des points de deal et, par voie de conséquence, des affrontements.

Le phénomène s’explique par la saturation des cités traditionnelles. Quand un secteur est trop surveillé ou trop disputé, les réseaux déplacent leurs activités vers des zones plus centrales, plus lucratives aussi grâce au flux touristique et à la clientèle aisée.

Conséquence directe : les habitants se retrouvent pris en otage. Balles perdues, intimidations, dégradations. La peur s’installe durablement, et le sentiment d’abandon face à un État parfois perçu comme impuissant grandit.

Les réponses des autorités : entre renforts et impuissance

Face à cette déferlante, les pouvoirs publics multiplient les annonces. Renforts policiers, opérations coup de poing, création d’unités spécialisées : les moyens existent sur le papier. Pourtant, les résultats peinent à suivre.

Les saisies de drogue battent des records, mais le marché se reconstitue aussitôt. Les interpellations de gros bonnets sont saluées, mais de nouveaux chefs émergent immédiatement. C’est le syndrome de l’hydre : couper une tête, deux repoussent.

Certains experts plaident pour une approche plus globale : éducation, insertion, réhabilitation des quartiers. D’autres estiment que seule une réponse répressive massive peut restaurer l’ordre. Le débat reste vif, mais pendant ce temps, les cadavres s’accumulent.

Ce dernier homicide, survenu en tout début d’année 2026, laisse craindre une nouvelle escalade. Si les clans choisissent désormais de signer publiquement leurs actions au cœur de la ville, le message envoyé à la population est glaçant.

Conséquences sur la vie quotidienne des Marseillais

Au-delà des victimes directes, c’est toute une ville qui souffre. Les commerçants du centre-ville voient leur clientèle diminuer dès la nuit tombée. Les parents s’inquiètent pour leurs enfants qui rentrent du lycée. Les touristes, autrefois attirés par l’image pittoresque de Marseille, hésitent davantage.

Le quartier Belsunce, multiculturalité vibrante le jour, devient zone de non-droit après le coucher du soleil. Les habitants témoignent d’un quotidien rythmé par la peur : éviter certaines rues, ne pas sortir trop tard, faire profil bas.

Cette situation alimente aussi les tensions communautaires. Quand un clan arbore une identité particulière, les amalgames sont rapides. Pourtant, la grande majorité des habitants, quelle que soit leur origine, aspire simplement à vivre en paix.

Des associations de quartier tentent de maintenir le lien social, d’organiser des événements culturels, de proposer des activités pour les jeunes. Mais face à l’argent facile du trafic, la tâche semble titanesque.

Vers une année 2026 encore plus sanglante ?

Ce premier homicide revendiqué de l’année pose une question inquiétante : 2026 sera-t-elle pire que les précédentes ? Les observateurs les plus pessimistes le craignent. La concurrence accrue sur le marché de la cocaïne, l’arrivée de nouvelles routes d’approvisionnement, la jeunesse des acteurs : tous les ingrédients d’une explosion de violence sont réunis.

Seule certitude : tant que la demande de drogue restera aussi forte en Europe, les réseaux continueront de prospérer. La lutte contre le narcotrafic ne peut se limiter à Marseille ; elle doit être européenne, internationale.

En attendant, les Marseillais retiennent leur souffle. Chaque soirée peut apporter son lot de sirènes de police, chaque nouvelle peut annoncer un nouveau drame. La cité phocéenne, si belle sous le soleil méditerranéen, porte en son sein une plaie béante que personne ne semble parvenir à refermer.

Ce meurtre dans le 1er arrondissement n’est pas qu’un fait divers de plus. Il est le symptôme d’une maladie profonde qui ronge la société française dans certaines de ses villes. Espérons que 2026 sera enfin l’année du sursaut collectif.


(Article rédigé à partir d’informations publiques disponibles au 5 janvier 2026. L’enquête est en cours et de nouveaux éléments pourraient venir préciser ou infirmer certains points évoqués.)

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