Imaginez un conflit qui, après près de quatre années, connaît soudain une accélération spectaculaire sur le terrain. En 2025, les forces russes ont marqué les esprits en réalisant leur plus grande progression territoriale depuis les premiers mois de la guerre. Cette dynamique interpelle alors que des efforts diplomatiques intensifs semblent ouvrir la porte à une possible désescalade.
Une année 2025 marquée par des gains territoriaux massifs
Les chiffres parlent d’eux-mêmes et révèlent une réalité brutale. Au cours de l’année écoulée, plus de 5 600 kilomètres carrés de territoire ukrainien sont passés sous contrôle russe. Cette superficie dépasse largement la somme des avancées enregistrées en 2023 et 2024 réunies. Pour mettre cela en perspective, cela représente près de 1 % de la surface totale de l’Ukraine.
Ces zones incluent à la fois les territoires pleinement confirmés par différentes sources militaires et ceux revendiqués par Moscou, même si ces derniers restent marginaux. Cette progression place 2025 comme la deuxième année la plus fructueuse pour la Russie depuis le début du conflit, loin derrière 2022 où près de 64 000 kilomètres carrés avaient été saisis.
Comparaison historique des avancées annuelles
Pour bien comprendre l’ampleur de cette évolution, un retour en arrière s’impose. L’année 2022 avait été celle de l’offensive initiale massive, avec des gains colossaux mais rapidement suivis d’une stabilisation. Les années suivantes avaient vu un ralentissement notable.
En 2023, seulement 580 kilomètres carrés avaient changé de mains. L’année 2024 avait connu une légère augmentation avec environ 4 000 kilomètres carrés conquis. Le bond observé en 2025 apparaît donc comme une rupture nette dans la tendance précédente.
Cette accélération s’explique en partie par une intensification des opérations dès le printemps. Le mois de novembre a particulièrement marqué les observateurs avec une progression record de 701 kilomètres carrés en un seul mois.
| Année | Superficie conquise (km²) | Commentaire |
|---|---|---|
| 2022 | ~64 000 | Offensive initiale massive |
| 2023 | 580 | Ralentissement marqué |
| 2024 | ~4 000 | Progression modérée |
| 2025 | >5 600 | Deuxième plus forte avancée |
Le Donbass, épicentre de l’offensive russe
La région orientale du Donbass reste le théâtre principal des opérations. Moscou poursuit son objectif d’annexion complète de cette zone industrielle et stratégique. Les efforts se concentrent particulièrement sur les oblasts de Donetsk et Lougansk.
Malgré un mois de décembre plus calme avec seulement 244 kilomètres carrés gagnés – le plus faible rythme mensuel depuis mars – l’offensive n’a pas faibli dans cette région. Les troupes russes maintiennent une pression constante, cherchant à consolider leurs positions et à avancer méthodiquement.
Cette stratégie d’usure porte ses fruits sur le long terme. Les gains accumulés tout au long de l’année permettent de compenser largement les mois moins productifs.
Avancées notables dans le sud du pays
Parallèlement au Donbass, la région de Zaporijjia a connu une intensification des combats ces derniers mois. Les forces russes y ont progressé de 131 kilomètres carrés en 2025. Les bombardements se sont multipliés, rendant la situation particulièrement tendue pour les défenseurs ukrainiens.
Cette poussée dans le sud s’inscrit dans une logique plus large de contrôle des axes stratégiques et des infrastructures vitales. La proximité de la centrale nucléaire de Zaporijjia ajoute une dimension particulièrement sensible à ces mouvements.
Des reconquêtes ukrainiennes significatives
Tout n’a pas été à l’avantage de Moscou. L’Ukraine a réussi à reprendre du terrain dans certaines zones. Dans la région de Kharkiv, à l’est, 125 kilomètres carrés ont été reconquis. Un gain supplémentaire de 55 kilomètres carrés a été enregistré dans l’oblast de Dnipropetrovsk, au centre-est.
Ces succès représentent les plus importantes reconquêtes ukrainiennes depuis la grande contre-offensive de juin 2023. Ils démontrent que, malgré la pression, Kiev conserve une capacité de réaction sur certains secteurs du front.
Ces zones font partie de celles où un retrait russe est envisagé dans le cadre des discussions diplomatiques en cours.
Le contrôle territorial fin 2025
À la fin décembre, le territoire ukrainien sous contrôle total ou partiel russe s’élevait à 19,4 % de la superficie du pays. Il est important de rappeler qu’environ 7 % de cette superficie – incluant la Crimée et certaines parties du Donbass – étaient déjà sous influence russe avant février 2022.
Les gains nets de 2025 ont donc porté ce pourcentage à un niveau jamais atteint depuis le début du conflit, hors période initiale.
Ces chiffres, bien que précis, ne reflètent qu’une partie de la réalité. Derrière chaque kilomètre carré se cachent des destins humains bouleversés et des villages transformés.
Un contexte diplomatique en évolution
Alors que le front connaît cette dynamique, la diplomatie s’active en parallèle. Depuis novembre, des efforts soutenus visent à mettre fin au conflit. Un plan en vingt points, négocié fin décembre entre Kiev et Washington, propose notamment un gel des lignes de front dans plusieurs régions clés.
Ces zones concernées incluent Zaporijjia et Kherson au sud, ainsi que Donetsk et Lougansk à l’est. L’idée est de stabiliser la situation et de créer les conditions d’un cessez-le-feu durable.
Dans ses vœux pour 2026, le président ukrainien a déclaré qu’un accord global était prêt à 90 %. Il a cependant mis en garde : les 10 % restants détermineront le sort de la paix. La question des territoires occupés reste le point le plus épineux.
Les 10 % restants vont déterminer le destin de la paix.
Quelles perspectives pour 2026 ?
La juxtaposition entre avancées militaires et négociations diplomatiques crée une situation particulièrement incertaine. D’un côté, la Russie consolide ses positions sur le terrain, renforçant potentiellement sa main dans les discussions. De l’autre, l’Ukraine et ses alliés cherchent à transformer cette pression militaire en levier pour obtenir des concessions.
Le gel proposé du front pourrait figer la situation actuelle, reconnaissant de facto les gains récents. Mais il offrirait aussi une pause bienvenue après des années de combats incessants.
Les prochains mois seront décisifs. La capacité des parties à surmonter les obstacles restants – notamment sur le statut des territoires – déterminera si 2026 marquera le début d’une sortie de crise ou la poursuite d’un conflit enlisé.
Une chose est sûre : l’année 2025 aura profondément modifié la carte du conflit. Les équilibres territoriaux actuels pèseront lourd dans toute solution future. Le chemin vers une paix juste et durable reste semé d’embûches, mais les signes d’une possible évolution diplomatique méritent d’être suivis avec attention.
Dans ce contexte mouvant, chaque développement sur le terrain ou à la table des négociations peut changer la donne. L’attention internationale reste plus que jamais nécessaire pour comprendre les enjeux et espérer une résolution pacifique.
(Note : cet article s’appuie sur des analyses de données géospatiales indépendantes et des déclarations officielles publiques. La situation évolue rapidement et nécessite une veille constante.)









