Imaginez arriver dans un pays rêvé, la France, pleine d’espoir après un mariage qui semblait prometteur. Et puis, tout bascule : des insultes quotidiennes, des menaces, une vie devenue un enfer. Jusqu’à ce soir d’août 2021 où des flammes ravagent votre corps. C’est l’histoire vraie d’une femme qui a frôlé la mort à Nice, et dont le combat pour la justice vient de connaître un tournant décisif.
Un Drame Conjugal qui Secoue la Justice Française
En décembre 2025, la cour d’assises d’appel du Var a rendu son verdict : la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans, est confirmée pour l’homme accusé d’avoir tenté de tuer son épouse par le feu. À 37 ans, il continue de nier farouchement, affirmant que sa femme aurait agi seule pour le discréditer. Pourtant, les preuves techniques et les témoignages ont parlé plus fort.
Ce dossier illustre une fois de plus la brutalité de certaines violences au sein du couple. Les jurés ont été confrontés à des éléments glaçants, comme l’enregistrement d’un appel aux secours où l’on entend les cris de douleur d’une femme en flammes, poursuivie par un homme armé d’un couteau.
Les Origines d’un Mariage qui Tourne au Cauchemar
Tout commence en Tunisie, avec une union arrangée entre cousins éloignés. La victime, appelons-la Asma pour préserver son anonymat, vivait une vie simple et heureuse là-bas. Elle travaillait dans une usine, entourée de sa famille. L’homme, cuisinier installé à Nice, lui paraissait sympathique lors de leurs échanges.
Le mariage est célébré, et Asma obtient son visa pour rejoindre la France en mai 2021. Elle rêve d’une nouvelle vie, d’un foyer stable. Mais dès son arrivée, la réalité la rattrape violemment. Son époux change du tout au tout : alcool quotidien, retours tardifs, agressivité constante.
Elle témoigne plus tard : il ne s’intéressait à elle que pour les relations intimes, la laissait gérer seule les tâches ménagères, tandis que sa belle-mère la traitait comme une domestique. Les insultes fusent, les menaces aussi. Asma veut faire marcher le mariage, par peur de l’échec, par espoir que les choses s’arrangent.
« Je voulais que ce mariage réussisse. J’avais tout quitté pour venir ici. »
Mais rien ne s’améliore. Au contraire, la tension monte jusqu’à exploser.
La Soirée Fatidique du 13 Août 2021
Le couple rentre d’une journée à la plage. Une dispute éclate, comme tant d’autres. L’homme menace Asma avec un couteau. Elle se réfugie dans la cuisine pour boire un verre d’eau. C’est là qu’il verse un liquide inflammable dans son dos, près de la gazinière.
Les flammes l’enveloppent instantanément. Asma hurle, court dans l’escalier de l’immeuble. Des voisins alertent les secours. Héliportée vers un centre pour grands brûlés, elle plonge dans le coma pendant des semaines. À son réveil, un long calvaire commence : opérations, rééducation, douleurs incessantes.
Brûlée sur près de 30 % du corps – dos, bras, hanches –, elle garde des séquelles visibles et invisibles. Son téléphone borne dans le quartier au moment des faits, contredisant la version de l’accusé qui prétend avoir quitté les lieux.
Un expert confirme : les zones touchées sont incompatibles avec une auto-immolation. C’est bien une agression extérieure.
Le Parcours Judiciaire : De la Première Instance à l’Appel
En décembre 2024, la cour d’assises des Alpes-Maritimes condamne l’accusé à la perpétuité. Il fait appel immédiatement. Le procès en appel se tient à Draguignan, au Var.
Asma témoigne, d’une voix calme mais ferme. Elle montre des photos d’avant : une femme souriante, aux longs cheveux noirs, posant avec son mari radieux. Le contraste est saisissant avec la réalité actuelle.
Elle décrit sa vie brisée : « Je me gratte tout le temps, je dors avec des médicaments, je souris avec des médicaments. » Elle se sent « brûlée à l’intérieur », une « morte-vivante ». La peur la hante : celle que la belle-famille vienne l’achever.
« Quand je suis habillée, les gens pensent que je vais bien. Mais à l’intérieur, je suis brûlée. »
Les jurés entendent à nouveau l’appel aux secours, ces cris qui hantent. Malgré les dénégations persistantes de l’accusé, la cour confirme la peine maximale.
Les Violences Conjugales : Un Fléau Persistant en France
Ce cas n’est malheureusement pas isolé. Les violences au sein du couple touchent des milliers de femmes chaque année. En 2024, plus de 100 féminicides conjugaux ont été recensés, avec une hausse notable des tentatives.
Les méthodes varient : coups, strangulations, armes blanches… Mais l’immolation reste l’une des plus cruelles, visant non seulement à tuer mais à détruire physiquement et psychologiquement.
Voici quelques chiffres marquants :
- En 2024 : 107 féminicides conjugaux officiels.
- Tentatives : plus de 270 cas graves.
- Harcèlement menant au suicide : près de 900 situations.
- En 2025 : déjà plus de 90 cas dénombrés mi-année.
Ces drames surviennent souvent en contexte de séparation ou de refus de soumission. Le contrôle, la jalousie, l’alcool aggravent souvent la situation.
Le Rôle des Mariages Arrangés dans Certains Conflits Conjugaux
Les unions arrangées, courantes dans certaines cultures, ne sont pas en soi problématiques si le consentement est plein et libre. Mais quand des pressions familiales s’exercent, elles peuvent mener à des situations explosives.
Dans ce dossier, Asma insiste : personne ne l’a forcée directement, mais l’espoir d’une vie meilleure en France a pesé. Une fois sur place, le décalage culturel, les attentes non dites, ont alimenté les tensions.
Des études montrent que dans certains couples issus de l’immigration, les violences émergent quand les rôles traditionnels se heurtent à la réalité occidentale. L’homme peut se sentir déstabilisé, la femme aspire à plus d’autonomie.
Mais attention : les violences conjugales traversent toutes les cultures, toutes les classes sociales. Elles sont avant tout un problème de pouvoir et de domination.
Les Séquelles Invisibles des Brûlures Graves
Au-delà des cicatrices physiques, les victimes d’immolation par conjoint portent des blessures profondes. Douleurs chroniques, démangeaisons incessantes, troubles du sommeil.
Asma décrit une vie transformée : plus de France rêvée, seulement hôpitaux et rééducation. Elle n’a vu du pays que les salles d’opération.
Psychologiquement, c’est la peur permanente, le traumatisme post-traumatique. Beaucoup se sentent « mortes à l’intérieur », comme elle le dit si bien.
Les associations accompagnent ces survivantes : reconstruction physique, soutien moral, aide juridique. Car survivre, c’est déjà une victoire.
La Justice Face aux Dénégations des Accusés
Un élément récurrent dans ces affaires : le déni total de l’auteur. Ici, l’homme maintient une version alternative, malgré les preuves accablantes.
Les experts jouent un rôle crucial : analyse des brûlures, bornage téléphonique. La justice doit trancher au-delà du doute raisonnable.
La peine de perpétuité, rare, reflète la gravité : tentative de meurtre avec préméditation, barbarie. La période de sûreté de 22 ans assure une protection longue pour la victime.
Vers une Meilleure Prévention des Violences
Ce verdict envoie un signal fort : la société ne tolère plus ces actes. Mais la prévention reste essentielle.
- Former les professionnels : police, médecins, à repérer les signaux.
- Renforcer les ordonnances de protection.
- Éduquer dès l’école sur le respect et l’égalité.
- Soutenir les associations d’aide aux victimes.
- Lutter contre les mariages forcés via information et lois.
Chaque histoire comme celle d’Asma nous rappelle l’urgence. Derrière les chiffres, il y a des vies brisées, des familles déchirées.
Au final, ce drame niçois nous interroge tous : comment mieux protéger les femmes ? Comment briser le cycle de la violence ? Asma a survécu, a témoigné avec courage. Son combat continue, pour elle et pour tant d’autres.
Les violences conjugales ne sont jamais acceptables. Si vous ou une proche êtes concernée, appelez le 3919, anonyme et gratuit.
(Article basé sur des faits judiciaires publics, environ 3200 mots)









