Et si le tabou venait enfin de sauter au cœur même de la majorité présidentielle ? Vendredi matin, un député macroniste a prononcé des mots que beaucoup pensaient inaudibles sous cette législature : pour sauver la France, il faut réduire massivement l’immigration. Pas une petite retouche technique, non : un véritable virage idéologique. Une phrase qui résonne comme un coup de tonnerre dans un paysage politique où, pendant des années, le sujet était soit esquivé, soit traité avec la prudence d’un funambule.
Un constat sans détour au cœur du pouvoir
Charles Rodwell, député des Yvelines et jusqu’ici plutôt discret, a choisi une matinale radio pour lâcher la bombe. Ses mots sont limpides : « Pour sauver la France, pour sauver son école, pour sauver ses services publics, pour sauver son économie, nous n’avons pas d’autre choix que de réduire l’immigration. » Il va plus loin et dessine les contours d’une politique nouvelle : une immigration strictement choisie, massivement réduite, et fondée uniquement sur les besoins réels en main-d’œuvre des Français.
Ce n’est pas un élu d’opposition qui parle. C’est un marcheur de la première heure, élu sous l’étiquette de la majorité en 2022. Quand un parlementaire du camp présidentiel reconnaît qu’il y a eu « une forme d’en même temps » sur ce sujet ces dernières années, le message est clair : même au sein du macronisme, le logiciel est en train de bugger sévèrement.
L’école au bord du gouffre
Commençons par l’école, ce miroir brutal de la situation. Dans certaines classes de Seine-Saint-Denis ou du Val-de-Marne, plus de 40 % des élèves ne maîtrisent pas le français à leur arrivée en CP. Des professeurs épuisés passent des heures à apprendre les bases à des enfants qui, parfois, n’ont jamais tenu un crayon avant six ans. Le résultat ? Un décrochage massif, une baisse continue du niveau et des enseignants qui jettent l’éponge.
Ce n’est pas une question de moyens – les budgets n’ont jamais été aussi élevés – mais de concentration des difficultés. Quand une classe compte quinze nationalités différentes et que la moitié des parents ne parle pas français à la maison, l’enseignant ne fait plus cours : il fait du soutien individuel permanent. Et pendant ce temps, les enfants des classes populaires françaises, eux aussi en difficulté, passent au second plan.
« On ne peut plus continuer à faire comme si tout allait bien. L’école républicaine est en train de mourir sous nos yeux. »
Cette phrase, prononcée par un principal de collège de l’Essonne il y a quelques mois, résume le désarroi d’une profession qui se sent abandonnée.
Les services publics au bord de l’asphyxie
Urgences saturées, délais de rendez-vous qui explosent, personnel soignant à bout : la situation des hôpitaux français est dramatique. Et là encore, l’immigration massive joue un rôle que plus personne n’ose nier en privé. Une part non négligeable des consultations concerne des personnes en situation irrégulière ou récemment régularisées, souvent sans couverture sociale réelle.
Dans certains départements, les aides médicales d’État (AME) représentent des budgets colossaux. Et pendant ce temps, des Français renoncent à se soigner parce qu’ils n’ont plus de médecin traitant ou parce que les délais pour un spécialiste dépassent l’année. Le système est à deux doigts de l’implosion.
Le logement social ? Même constat. Des familles françaises modestes attendent dix, quinze ans pour un HLM pendant que des demandeurs d’asile ou des familles nombreuses récemment arrivées passent devant grâce à des critères prioritaires. Le sentiment d’injustice est palpable, et il alimente une colère sourde.
L’économie : entre mythe et réalité
On nous a répété pendant des années que l’immigration était une chance pour l’économie. Pourtant, les chiffres sont têtus. Une grande partie des arrivants occupent des emplois peu qualifiés, souvent précaires, et pèsent davantage sur les finances publiques qu’ils ne les alimentent. Les études sérieuses – et pas seulement celles commanditées par des think tanks immigrationnistes – montrent que le solde net est négatif sur les vingt dernières années.
Quant aux métiers en tension, la solution miracle consistant à faire venir massivement de la main-d’œuvre étrangère a montré ses limites. Pourquoi former un jeune Français quand on peut importer à moindre coût ? Le résultat : des filières entières de formation qui se vident, des jeunes qui se détournent des métiers manuels parce qu’ils savent qu’ils seront en concurrence avec des travailleurs détachés ou des sans-papiers acceptant des salaires indignes.
Le député Rodwell le dit clairement : l’immigration doit redevenir un outil au service des Français, et non l’inverse. Une immigration choisie, limitée, et qui répond à des besoins précis et identifiés. Exit le regroupement familial massif, exit les régularisations au fil de l’eau.
Le « en même temps » a vécu
Ce qui frappe dans cette prise de position, c’est l’aveu implicite que la politique menée depuis 2017 a échoué. Le « en même temps » si cher au président – fermeté d’un côté, humanité de l’autre – a accouché d’une situation ingérable. Plus de 150 000 demandes d’asile par an, des expulsions qui ne concernent que 10 % des déboutés, des zones de non-droit qui se multiplient.
Quand même un député de la majorité reconnaît qu’il faut changer de logiciel, c’est que le mur est proche. Très proche.
Vers un nouveau consensus national ?
Ce qui se joue aujourd’hui dépasse largement la personne de Charles Rodwell. C’est tout un pan de la doxa progressiste qui vacille. Pendant des décennies, dire qu’il fallait réduire l’immigration relevait du blasphème politique. Aujourd’hui, même dans les rangs de la majorité, la réalité rattrape le discours.
Les Français, eux, l’ont compris depuis longtemps. Sondage après sondage, ils placent l’immigration parmi leurs premières préoccupations. Ils ne sont ni xénophobes ni racistes : ils veulent simplement que leur pays reste leur pays. Que leurs enfants aillent dans des écoles où l’on parle français. Que leurs impôts servent d’abord à soigner les Français. Que leurs rues soient sûres.
La prise de position de ce député n’est peut-être que le début. D’autres voix, dans la majorité comme ailleurs, pourraient bien se libérer. Parce que quand la réalité frappe à la porte, même les idéologies les plus solides finissent par trembler.
La question n’est plus de savoir s’il faut réduire l’immigration. Elle est de savoir combien de temps il nous reste avant que le point de non-retour ne soit franchi.
À lire aussi : Ce genre de déclarations, il y a cinq ans, aurait valu une exclusion immédiate du groupe parlementaire. Aujourd’hui, elles passent presque inaperçues dans la majorité. Le vent tourne. Et il tourne vite.
La France est à la croisée des chemins. Soit elle reprend le contrôle de ses frontières et de son destin démographique, soit elle continue sur la voie actuelle et accepte de devenir autre chose que ce qu’elle a toujours été. Le choix est cruel, mais il est là. Et pour la première fois depuis longtemps, même ceux qui nous gouvernent commencent à l’admettre.









