Et si, contre toute attente, l’économie française terminait l’année 2025 sur une note plus positive que prévu ? C’est en tout cas le message porté haut et fort par le ministre de l’Économie ce dimanche. Alors que beaucoup craignaient une croissance molle, le gouvernement revoit ses ambitions à la hausse et table désormais sur au moins 0,8 %. Une petite révision qui, dans le contexte actuel, ressemble presque à une bouffée d’oxygène.
Une prévision revue à la hausse : les raisons d’un optimisme mesuré
Il y a quelques mois encore, l’exécutif misait sur 0,7 %. Aujourd’hui, la barre est placée plus haut. Cette amélioration ne sort pas d’un chapeau magique : elle repose sur des chiffres concrets, notamment un troisième trimestre particulièrement dynamique.
Le ministre l’a répété avec conviction : « Il faudrait vraiment un très mauvais quatrième trimestre – ce à quoi je ne crois pas – pour passer sous la barre des 0,8 % ». Un discours qui se veut rassurant, presque défiant face aux nuages qui s’amoncellent sur le front politique.
Les entreprises françaises, véritables moteurs de cette embellie
Derrière cette révision se cache une réalité encourageante : les sociétés hexagonales exportent davantage et investissent plus qu’attendu. C’est là le cœur du message gouvernemental. Pendant que la consommation des ménages reste fragile, freinée par l’incertitude ambiante, les entreprises prennent le relais.
Ces performances à l’export et ces investissements traduisent une forme de résilience. Elles montrent que, malgré le bruit politique incessant, une partie de l’économie réelle continue d’avancer. Un point que le ministre a tenu à souligner avec force.
« C’est essentiellement grâce aux entreprises françaises qui exportent davantage et qui investissent davantage. »
Roland Lescure, ministre de l’Économie
L’Insee avait déjà ouvert la voie en septembre
Cette annonce gouvernementale ne tombe pas du ciel. Dès septembre, l’Insee avait relevé sa propre prévision, passant de 0,6 % à 0,8 %. Une convergence qui renforce la crédibilité du nouveau chiffre avancé par l’exécutif.
Cependant, l’institut statistique n’avait pas caché les fragilités persistantes. Consommation en berne, confiance des ménages érodée, crise politique qui pèse sur le moral… Tous ces éléments continuent de menacer la reprise. La croissance reste donc sur un fil.
Le budget 2026 : la grande inconnue qui peut tout faire basculer
Et c’est là que le bât blesse. Car si les entreprises jouent leur partition, l’État, lui, peine à boucler la sienne. Le Parlement patauge depuis des semaines dans l’élaboration du projet de loi de finances et du budget de la Sécurité sociale pour 2026.
Le ministre ne mâche pas ses mots : sans budget voté rapidement, l’incertitude risque de se transformer en frein brutal. Les entreprises pourraient reporter des investissements, les ménages serrer encore plus la vis. Bref, la fragile embellie actuelle pourrait s’évaporer aussi vite qu’elle est apparue.
« Le risque, si on n’a pas de budget de la Sécu mardi, si on n’a pas de budget dans la foulée, c’est que cette incertitude génère des décisions économiques », a-t-il averti avec gravité.
Un calendrier sous haute tension à l’Assemblée nationale
Vendredi soir, la partie recettes du PLFSS 2026 a été adoptée dans un climat électrique. Suspense, tractations de dernière minute, vote à une voix près… Tout y était. Mais le plus dur reste à venir.
Prochaine étape décisive : mardi. L’ensemble du texte doit être voté. Objectif affiché : ramener le déficit public de 5,4 % du PIB en 2025 à 4,7 % en 2026. Un effort considérable qui cristallise toutes les tensions.
Et comme un symbole, les députés ont réintroduit la suspension temporaire de la très controversée réforme des retraites de 2023. Un camouflet pour l’exécutif, qui rappelle que rien n’est jamais acquis dans cette législature fracturée.
Pourquoi cette croissance reste-t-elle si fragile ?
Pour comprendre la situation, il faut regarder les deux faces de la même pièce. D’un côté, des signaux positifs venus du monde entrepreneurial. De l’autre, une consommation intérieure qui patine et une confiance qui s’effrite.
Les ménages, inquiets pour leur pouvoir d’achat et pour l’avenir, consomment moins. Ce manque de dynamisme interne compense en partie les bonnes performances à l’export. Résultat : une croissance qui avance, mais à petite vitesse et avec le frein à main à moitié enclenché.
- Croissance tirée principalement par les exportations
- Investissements des entreprises en hausse
- Consommation des ménages freinée par l’incertitude
- Confiance en berne malgré les bons chiffres
- Politique budgétaire en suspens
Que se passera-t-il si le budget n’est pas voté à temps ?
Le scénario cauchemar n’est pas loin. Sans budget adopté, la France entrerait en régime de reconduction des crédits. Concrètement, l’État continuerait de dépenser comme en 2025, sans pouvoir mettre en œuvre les mesures d’économies prévues.
Pour les entreprises, cela signifierait une visibilité nulle sur la fiscalité à venir. Pour les ménages, l’impossibilité de connaître précisément les aides ou les prélèvements à attendre. Un cocktail explosif pour la confiance et, in fine, pour la croissance elle-même.
Le ministre l’a dit sans détour : chaque jour supplémentaire d’incertitude coûte cher. Pas seulement en points de PIB, mais en décisions reportées, en projets gelés, en emplois qui ne verront jamais le jour.
Un optimisme de combat face à la tempête politique
Dans ce contexte, l’annonce d’une croissance à 0,8 % minimum ressemble à un acte de résistance. Le gouvernement veut montrer qu’il garde le cap économique malgré les turbulences politiques. Qu’il existe encore des raisons d’espérer.
Mais cet optimisme reste conditionnel. Il dépend avant tout de la capacité des parlementaires à dépasser leurs divergences et à voter les textes budgétaires dans les délais. Un défi de taille dans une Assemblée où aucune majorité claire n’existe.
En résumé, la France se trouve à un carrefour. D’un côté, la possibilité d’une année 2025 meilleure qu’anticipée. De l’autre, le risque que l’instabilité politique ne vienne tout compromettre. Le quatrième trimestre et les prochains jours à l’Assemblée nous diront qui, de l’économie réelle ou du chaos législatif, l’emportera.
En un clin d’œil : Le gouvernement mise sur au moins 0,8 % de croissance en 2025 grâce aux exportations et aux investissements des entreprises. Mais tout repose sur un vote rapide du budget 2026. Sans cela, l’incertitude pourrait tout balayer.
L’histoire économique de la France en cette fin d’année 2025 se joue donc en deux temps. Un temps des chiffres encourageants porté par les entrepreneurs. Un temps de l’angoisse politique qui pourrait tout remettre en question. Reste à savoir lequel des deux finira par écrire la conclusion.









