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Carton Rouge Choc pour Etzebeth : Fourchette et Suspension Record ?

À la 79e minute d’une victoire écrasante 73-0, Eben Etzebeth enfonce son pouce dans l’œil d’Alex Mann. Carton rouge direct et menace d’une suspension historique de plusieurs années. Mais que s’est-il vraiment passé dans la tête du géant sud-africain ?

Imaginez la scène : votre équipe mène 73 à 0, il reste une minute à jouer, le match est plié depuis longtemps. Et là, dans un accès de rage totalement inexplicable, vous décidez d’enfoncer votre pouce dans l’œil d’un adversaire à terre. C’est exactement ce qu’a fait Eben Etzebeth samedi après-midi à Cardiff. Un geste qui a choqué le monde du rugby et qui pourrait marquer la fin d’une partie de sa carrière.

Un geste qui défie toute logique

Le Principality Stadium, habituellement bouillant, était devenu un cimetière pour le rugby gallois. Les Springboks écrasaient littéralement leurs adversaires avec une domination rarement vue dans l’histoire des tests matchs. 73-0, un score de tennis, presque humiliant. Et pourtant, à la 79e minute, le colosse sud-africain a perdu tout contrôle.

Alex Mann, troisième ligne gallois, se retrouve au sol dans un ruck. Etzebeth, 2m03 pour 123 kg, arrive comme une montagne et, au lieu de jouer le ballon, plante délibérément son pouce dans l’œil du joueur adverse. Les images sont insoutenables. Le Gallois hurle de douleur, les joueurs des deux camps s’embrasent, et l’arbitre n’a d’autre choix que de sortir le carton rouge.

Que dit exactement le règlement World Rugby ?

Le règlement est implacable sur ce type de geste. L’article 9.12 concerne le « contact avec les yeux ou la zone des yeux ». Quand ce contact est jugé intentionnel, la sanction de base est lourde : jusqu’à 208 semaines de suspension. Oui, vous avez bien lu : potentiellement quatre ans loin des terrains.

À titre de comparaison, une morsure est sanctionnée dans la même catégorie. On se souvient tous des précédents : certains joueurs ont écopé de plusieurs mois pour des gestes moins graves. Ici, les images sont accablantes. Il n’y a aucune ambiguïté possible.

« Un contact intentionnel avec l’œil ou les yeux est l’une des fautes les plus graves du rugby. La sécurité des joueurs est la priorité absolue. »

Règlement World Rugby, loi 9.12

Pourquoi un tel geste alors que le match est gagné ?

C’est la question que tout le monde se pose. Etzebeth n’est pas un joueur connu pour être un voyou. Au contraire, il est respecté pour son engagement total, parfois à la limite, mais rarement au-delà. Double champion du monde, leader des Springboks, il porte une énorme responsabilité.

Plusieurs hypothèses circulent. La frustration accumulée ? Une provocation galloise non captée par les caméras ? Une perte momentanée de contrôle due à la tension extrême d’un match international ? Les joueurs sud-africains sont connus pour leur intensité physique, parfois jusqu’à l’excès.

Mais rien ne justifie un tel acte. Surtout pas à 73-0. C’est le genre de geste qui peut ternir une carrière entière, aussi brillante soit-elle.

Les précédents : qui a déjà été sanctionné pour ça ?

Les cas de fourchette oculaire sont rares, mais ils ont toujours été sévèrement punis. On se souvient de Schalk Brits en 2015, suspendu 3 semaines pour un contact accidentel. Ou encore de Sergio Parisse, qui avait écopé de 40 jours pour un geste similaire.

Mais quand le contact est jugé clairement intentionnel, les sanctions explosent. Un joueur argentin avait pris 50 semaines en 2018. Un autre, en Pro14, avait été suspendu 52 semaines. Le record ? 104 semaines pour un joueur amateur qui avait crevé l’œil de son adversaire.

Les sanctions maximales possibles pour contact oculaire :

  • Entrée basse : 12 semaines
  • Entrée moyenne : 52 semaines
  • Entrée haute (intentionnel) : 208 semaines

Etzebeth risque clairement l’entrée haute.

Les réactions dans le vestiaire sud-africain

Le silence est assourdissant du côté des Springboks. Rassie Erasmus, le sélectionneur, n’a pas encore commenté publiquement. On imagine la colère et la déception dans le groupe. Perdre Etzebeth pour plusieurs mois, voire années, serait un coup dur terrible pour l’équipe championne du monde en titre.

Certains joueurs ont tenté de minimiser l’incident en conférence de presse, parlant d’« un moment de chaleur ». Mais les images parlent d’elles-mêmes. Il sera très difficile de défendre l’indéfendable devant la commission de discipline.

Et du côté gallois ?

La colère est vive. Alex Mann a dû quitter le terrain, l’œil gonflé et rouge. Les joueurs gallois ont entouré l’arbitre pour demander justice. On parle déjà de séquelles possibles. Dans un match déjà catastrophique pour le pays de Galles, ce geste a été la goutte d’eau.

Le rugby gallois traverse une crise profonde. Cette humiliation 73-0 est la plus lourde défaite de son histoire à domicile. Et maintenant ce geste violent qui vient entacher encore plus une soirée cauchemardesque.

Quelle sera la durée réelle de la suspension ?

C’est la grande question. La sanction maximale de 208 semaines est théorique. En pratique, les commissions prennent en compte plusieurs facteurs : les remords du joueur, son casier disciplinaire, l’impact sur la victime, etc.

Etzebeth a un passif. Il a déjà été cité plusieurs fois pour des gestes dangereux. En 2019, il avait été blanchi pour un plaquage cathédrale controversé. En 2021, il avait pris 4 semaines pour un coup de tête. Son casier n’est pas vierge.

Même avec des circonstances atténuantes (remords, bonne conduite habituelle), difficile d’imaginer moins de 20-30 semaines. Soit 5 à 8 mois minimum. De quoi rater toute la saison avec les Sharks et une partie des tests matchs 2026.

Les conséquences pour la carrière d’Etzebeth

À 34 ans, Eben Etzebeth est au sommet de son art. Considéré comme l’un des meilleurs deuxièmes lignes de l’histoire, il reste indispensable pour les Springboks. Mais une longue suspension pourrait accélérer la fin de sa carrière internationale.

Les clubs européens, qui le courtisent depuis des années, pourraient hésiter à investir sur un joueur suspendu aussi longtemps. Et psychologiquement, revenir après un tel épisode ne sera pas simple.

On a vu des joueurs rebondir après des sanctions lourdes. Mais à 34 ans, le temps joue contre lui. Cette fourchette pourrait être le tournant négatif d’une carrière jusque-là exceptionnelle.

Et le rugby dans tout ça ?

Cet incident pose une question plus large : jusqu’où peut-on accepter la violence dans le rugby ? Le sport devient de plus en plus physique, les impacts de plus en plus violents. Les gestes dangereux se multiplient.

World Rugby a beau durcir les sanctions, les joueurs continuent de franchir la ligne rouge. Peut-être parce que l’intensité demandée est telle que certains craquent. Peut-être parce que la culture du « dur à cuire » reste ancrée.

Ce geste d’Etzebeth, aussi inexplicable soit-il, doit servir d’électrochoc. Le rugby ne peut pas tolérer que des joueurs mettent en danger la vue de leurs adversaires. Jamais. Peu importe le score, peu importe la provocation, peu importe la frustration.

Le rugby est un sport de combat, oui. Mais c’est avant tout un sport de respect.

L’histoire jugera si Eben Etzebeth aura su tirer les leçons de ce moment de folie. En attendant, le géant sud-africain va devoir répondre de ses actes devant la justice rugby. Et la sentence risque d’être historique.

À suivre…

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