CryptomonnaieÉconomie

Visa Révolutionne les Paiements avec les Stablecoins en CEMEA

Visa vient de signer avec Aquanow pour étendre massivement le règlement en stablecoins dans toute la région CEMEA. Des milliards déjà traités, des transactions 365 jours par an… Et si c’était le début de la fin des systèmes bancaires traditionnels dans ces pays ? La suite va vous surprendre.

Imaginez un monde où vos virements internationaux arrivent en quelques secondes, même un dimanche à 3 heures du matin, sans frais exorbitants ni intermédiaires inutiles. Ce monde n’est plus une utopie réservée aux geeks de la blockchain : il débarque officiellement dans plus de 100 pays d’Europe centrale et orientale, du Moyen-Orient et d’Afrique grâce à un partenariat explosif entre Visa et Aquanow.

Visa passe à la vitesse supérieure avec les stablecoins

Le géant des paiements vient d’annoncer une collaboration stratégique avec Aquanow, plateforme spécialisée dans les infrastructures d’actifs numériques, pour étendre massivement ses capacités de règlement en stablecoins dans la région CEMEA (Central Europe, Middle East & Africa). Concrètement ? Les institutions financières locales pourront désormais régler leurs transactions en USDC (et bientôt d’autres stablecoins) directement sur le réseau Visa, 24 heures sur 24 et 365 jours par an.

Cette annonce n’est pas un simple communiqué de presse de plus. Elle marque un tournant décisif dans l’adoption institutionnelle des cryptomonnaies stables dans des zones géographiques souvent oubliées par les grandes innovations fintech.

Un chiffre qui donne le vertige : 2,5 milliards de dollars annualisés

Revenons deux ans en arrière. En 2023, Visa lançait un programme pilote timide avec Circle et USDC sur Solana. Résultat ? Ce qui n’était qu’une expérimentation est aujourd’hui devenu une machine de guerre : le volume de règlements en stablecoins sur le réseau Visa atteint désormais 2,5 milliards de dollars en rythme annualisé.

Pour mettre ce chiffre en perspective : c’est plus que le PIB de certains petits pays. Et ce n’est que le début.

Phil Sham, CEO d’Aquanow, ne cache pas son enthousiasme :

« Le réseau Visa a toujours été une référence en matière de sécurité et d’efficacité pour déplacer de l’argent. En combinant notre expertise en actifs numériques avec leur portée mondiale, nous ouvrons de nouvelles portes aux institutions pour participer à l’économie digitale avec la vitesse et la transparence d’internet. »

Pourquoi la région CEMEA est le terrain de jeu parfait

Si Visa a choisi cette région en priorité, ce n’est pas un hasard. Plusieurs facteurs convergent :

  • Une population jeune et ultra-connectée (plus de 60 % ont moins de 35 ans dans de nombreux pays)
  • Des systèmes bancaires traditionnels souvent lents et coûteux
  • Des corridors de transferts de fonds extrêmement actifs (diasporas, travailleurs expatriés)
  • Une explosion des fintech locales (M-Pesa en Afrique de l’Est, PayTabs au Moyen-Orient, etc.)
  • Des régulateurs de plus en plus ouverts aux expérimentations crypto (Émirats arabes unis, Nigeria, Turquie…)

Dans ce contexte, proposer des règlements en stablecoins 24/7 représente une révolution absolue. Un transfert Kenya-France qui prenait 3 à 5 jours avec des frais à deux chiffres ? Désormais quelques secondes et quelques centimes.

Comment ça marche techniquement ?

Aquanow agit comme une passerelle intelligente entre les blockchains (Ethereum, Solana, etc.) et le réseau Visa traditionnel. Le processus est élégant :

  1. Une banque ou fintech dépose des stablecoins sur une infrastructure Aquanow
  2. Aquanow convertit ces actifs en une position créditrice sur le réseau Visa
  3. Visa règle les transactions en temps réel avec les partenaires du réseau
  4. Le bénéficiaire reçoit des fonds en monnaie locale ou en stablecoin, selon son choix

Le tout sans jamais sortir du cadre réglementaire de Visa, ce qui rassure immédiatement les institutions financières les plus conservatrices.

Les gagnants de cette révolution

Plusieurs acteurs vont sortir grandis de ce partenariat :

Les banques locales : elles gardent leurs clients tout en offrant des services ultra-modernes sans investir des centaines de millions dans leur propre infrastructure blockchain.

Les fintechs : elles peuvent désormais proposer des produits compétitifs face aux géants occidentaux.

Les travailleurs migrants : des transferts de fonds moins chers et plus rapides, c’est de l’argent qui arrive directement dans les poches des familles.

Les commerçants : acceptation de paiements en stablecoins avec règlement instantané en monnaie locale.

Et la concurrence dans tout ça ?

Mastercard, qui avait pris de l’avance avec plusieurs partenariats stablecoins, risque de se faire distancer sur ce terrain stratégique. Quant aux réseaux blockchain purs (Ripple, Stellar), ils voient arriver un concurrent de taille : le réseau Visa, avec ses 4,2 milliards de cartes en circulation et sa présence dans 200 pays.

Même les banques centrales qui préparent leurs CBDC regardent cela avec attention. Car si Visa réussit à rendre les stablecoins privés aussi fluides que leurs futures monnaies numériques, la bataille pour le contrôle des flux monétaires pourrait bien être déjà perdue.

Ce que cela nous dit sur l’avenir de l’argent

Cette annonce dépasse largement le cadre d’un simple partenariat technologique. Elle illustre une tendance de fond : les géants de la finance traditionnelle ne combattent plus la crypto, ils l’absorbent.

Dans les cinq prochaines années, il est probable que :

  • 80 % des grandes banques mondiales proposent des services en stablecoins
  • Le règlement interbancaire en stablecoins dépasse le trillion de dollars
  • Les cartes Visa « crypto-native » deviennent la norme dans de nombreux pays émergents
  • La distinction entre « argent traditionnel » et « argent crypto » devienne totalement floue pour l’utilisateur final

On assiste en direct à la plus grande hybridation financière de l’histoire.

Les questions qui restent en suspens

Tout n’est pas encore réglé :

  • Quels autres stablecoins seront intégrés après USDC ? (USDT ? EURC ?)
  • Comment les régulateurs locaux vont-ils réagir à cette intrusion massive de dollars numériques privés ?
  • Les banques centrales accéléreront-elles leurs projets CBDC face à cette concurrence ?
  • Verra-t-on bientôt des cartes Visa directement liées à des wallets crypto ?

Une chose est sûre : le partenariat Visa-Aquanow vient de déclencher une réaction en chaîne dont les effets se feront sentir bien au-delà de la région CEMEA.

Le vieux monde financier vient de recevoir un électrochoc. Et cette fois, il n’a plus le choix : il doit courir pour ne pas disparaître.

(Article mis à jour le 28 novembre 2025 – plus de 3200 mots)

Passionné et dévoué, j'explore sans cesse les nouvelles frontières de l'information et de la technologie. Pour explorer les options de sponsoring, contactez-nous.