Une condamnation massive à l’ONU contre l’expansion en Cisjordanie
Le mardi 18 février 2026, une déclaration commune a été lue aux Nations Unies à New York. Elle porte la voix de 85 États membres qui dénoncent fermement les récentes mesures adoptées par le gouvernement israélien. Ces actions visent à renforcer la présence israélienne dans les territoires occupés depuis 1967, en particulier en facilitant l’accès aux terres pour les colons.
Cette mobilisation n’est pas anodine. Elle reflète une inquiétude croissante quant aux conséquences potentielles de ces décisions sur la stabilité régionale. Les signataires soulignent que de telles initiatives contreviennent aux principes fondamentaux du droit international et menacent directement les perspectives de paix durable.
Les mesures israéliennes au centre des critiques
Tout a commencé par une décision prise une semaine plus tôt : l’approbation d’un texte qui simplifie les achats de terres par les colons en Cisjordanie. Puis, dimanche, une nouvelle étape a été franchie avec l’accélération du processus d’enregistrement foncier dans cette zone occupée. Ces démarches, présentées par Israël comme des mesures administratives pour clarifier les droits de propriété, sont perçues par la communauté internationale comme un moyen d’étendre un contrôle illégal.
Les 85 États signataires de la déclaration affirment sans ambiguïté que ces décisions unilatérales visent à étendre la présence illégale d’Israël en Cisjordanie. Ils appellent à leur annulation immédiate, car elles violent les obligations internationales d’Israël en matière de droit humanitaire et de résolutions onusiennes.
« Nous condamnons fermement les décisions et mesures unilatérales israéliennes visant à étendre la présence illégale d’Israël en Cisjordanie. Ces décisions sont contraires aux obligations d’Israël en vertu du droit international et doivent être immédiatement annulées. »
Cette citation, extraite de la déclaration commune, résume l’essence de la position collective. Parmi les signataires figurent des pays aux profils variés : la France, la Chine, l’Arabie saoudite, la Russie, et bien d’autres, rejoints par des organisations régionales comme l’Union européenne et la Ligue arabe.
Une opposition ferme à toute forme d’annexion
Les États ne se contentent pas de critiquer les mesures spécifiques. Ils réaffirment leur opposition absolue à toute annexion, qu’elle soit formelle ou de fait. Ils insistent sur le fait que modifier la composition démographique, la nature ou le statut du territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est, est inacceptable.
Ces actions, selon eux, violent le droit international, compromettent les efforts pour la paix et la stabilité régionale, et mettent en danger la possibilité d’un accord mettant fin au conflit. La crainte est claire : une transformation progressive du territoire qui rendrait impossible la création d’un État palestinien viable.
La déclaration met l’accent sur les risques de dépossession et de déplacement forcé des populations palestiniennes. En accélérant l’enregistrement foncier, particulièrement dans la zone C (sous contrôle israélien complet), ces mesures pourraient faciliter la confiscation de terres palestiniennes au profit de l’État ou des colons.
Le contexte historique de la colonisation
Depuis 1967, la colonisation en Cisjordanie n’a jamais vraiment cessé, quel que soit le gouvernement au pouvoir en Israël. Elle s’est cependant accélérée de manière notable ces dernières années, particulièrement sous l’actuel exécutif, considéré comme l’un des plus à droite de l’histoire du pays.
Le conflit à Gaza, déclenché le 7 octobre 2023, a coïncidé avec une intensification des activités en Cisjordanie. Aujourd’hui, plus de 500 000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie (hors Jérusalem-Est, annexée par Israël), au milieu d’environ trois millions de Palestiniens. L’ONU considère ces colonies comme illégales au regard du droit international.
Cette réalité démographique crée des tensions quotidiennes : checkpoints, restrictions de mouvement, violences liées aux implantations. Les nouvelles mesures foncières viennent s’ajouter à ce tableau déjà complexe, en rendant potentiellement plus difficile pour les Palestiniens de prouver leurs droits sur leurs terres.
La réaction de l’ONU et des acteurs internationaux
Dès lundi, avant même la déclaration des 85 États, plusieurs voix s’étaient élevées. Le secrétaire général de l’ONU avait appelé à un revirement immédiat sur ces mesures, les qualifiant de déstabilisantes et illégales, en référence à l’avis de la Cour internationale de justice.
« Ces mesures ne sont pas seulement déstabilisantes mais, comme l’a rappelé la Cour internationale de justice, illégales. »
L’Union européenne, des pays arabes et d’autres entités avaient déjà exprimé leur condamnation. Cette unanimité relative, incluant des puissances occidentales, orientales et arabes, montre l’ampleur de l’inquiétude face à une possible escalade.
La déclaration commune réunit des pays souvent divisés sur d’autres dossiers, preuve que la question palestinienne reste un point de convergence pour une large partie de la communauté internationale.
Les implications pour la paix régionale
Pourquoi tant d’États se mobilisent-ils maintenant ? Parce que ces mesures risquent de rendre caduque la solution à deux États, largement soutenue comme la voie vers une paix juste et durable. En modifiant la démographie et le contrôle territorial, elles compliquent toute négociation future.
Les signataires soulignent que de telles actions compromettent non seulement les perspectives de paix, mais aussi la stabilité au Moyen-Orient. Dans un contexte où les tensions sont déjà élevées, toute initiative unilatérale peut déclencher une spirale de violence.
La communauté internationale appelle à un retour au respect du droit international, à l’arrêt des expansions et à la reprise de discussions inclusives. Sans cela, le risque d’une annexion de fait grandit, avec des conséquences humanitaires et sécuritaires potentiellement dramatiques.
Vers une compréhension plus large du dossier
Pour saisir pleinement l’enjeu, il faut revenir sur les accords d’Oslo des années 1990, qui divisaient la Cisjordanie en zones A, B et C. La zone C, la plus vaste, est sous contrôle israélien total, et c’est là que se concentrent les nouvelles mesures d’enregistrement. Cela pose la question de la propriété des terres et des droits des résidents palestiniens.
Les critiques pointent que prouver la propriété sous occupation est souvent quasi impossible pour les Palestiniens, en raison de documents anciens, de destructions ou de restrictions d’accès. Résultat : des terres pourraient passer sous contrôle israélien comme « propriété d’État ».
Cette dynamique s’inscrit dans une tendance plus large d’expansion des colonies, avec des autorisations accélérées de constructions et une protection accrue des colons. Le tout crée un sentiment d’irréversibilité pour les Palestiniens.
Les voix divergentes et le silence notable
Bien que 85 États aient signé, d’autres n’ont pas rejoint la déclaration. Cela reflète les divisions persistantes sur le dossier israélo-palestinien. Certains pays préfèrent une approche diplomatique bilatérale, d’autres soutiennent ouvertement les positions israéliennes pour des raisons stratégiques.
Cependant, la largeur du front critique – incluant des alliés traditionnels d’Israël comme des membres européens – indique un malaise croissant. Même des pays arabes, engagés dans des normalisations récentes, expriment leur opposition ferme.
Ce consensus partiel pourrait pousser à plus de pression internationale, via des résolutions ou des initiatives diplomatiques. Mais l’efficacité reste incertaine dans un contexte géopolitique polarisé.
Perspectives d’avenir et défis à venir
La situation en Cisjordanie évolue rapidement. Chaque nouvelle mesure renforce les craintes d’une annexion rampante. Les appels à l’annulation immédiate se multiplient, mais sans levier concret, ils risquent de rester lettre morte.
Pour les Palestiniens, ces développements signifient une pression accrue sur leurs terres et leur avenir. Pour Israël, ils représentent une affirmation de souveraineté sur des territoires disputés. Entre ces deux visions inconciliables, la communauté internationale tente de maintenir l’espoir d’une solution négociée.
Le défi est immense : restaurer la confiance, stopper les actions unilatérales et relancer un processus politique inclusif. Sans cela, le risque de déstabilisation régionale persiste, avec des répercussions potentielles sur la sécurité globale.
En conclusion, cette déclaration de 85 États marque un moment clé. Elle rappelle que la question palestinienne reste au centre des préoccupations mondiales, et que l’expansion en Cisjordanie touche à des principes fondamentaux du droit international. L’avenir dépendra de la capacité de tous les acteurs à privilégier le dialogue sur la confrontation.









