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170 000 € en Cash dans un Sac à Dos : Interpellation Choc à Montparnasse

Un homme de 30 ans, de nationalité tunisienne, vient d’être interpellé à la gare Montparnasse avec 170 000 € en billets dans son sac à dos. Contrôle de routine… ou coup de filet majeur ? Ce que l’on sait déjà et les questions qui restent en suspens.

Imaginez la scène : vous descendez du train, fatigué par un long trajet, et soudain, des policiers vous demandent d’ouvrir votre sac à dos. À l’intérieur ? Près de 170 000 euros en billets. C’est exactement ce qui est arrivé à un homme de trente ans, de nationalité tunisienne, ce vendredi 29 novembre 2025 à la gare Montparnasse, en plein cœur de Paris.

Un contrôle banal qui tourne à l’affaire criminelle

Ce genre d’histoire commence toujours de la même façon : un contrôle d’identité apparemment anodin. Les agents de la police aux frontières ou de la brigade ferroviaire choisissent une personne au hasard – ou pas tout à fait – et demandent les papiers. Puis vient la fouille des bagages. Et là, surprise totale.

Dans le sac à dos de cet homme, les forces de l’ordre découvrent des liasses impressionnantes de billets de 50, 100 et 200 euros. Le comptage rapide donne le vertige : 169 800 euros exactement. Une somme colossale transportée sans la moindre déclaration, dans un simple sac de voyage.

L’individu est immédiatement placé en garde à vue pour blanchiment d’argent et non-justification de ressources. Des chefs d’accusation lourds qui laissent présager une enquête longue et complexe.

Que dit la loi sur le transport d’argent liquide ?

En France comme dans toute l’Union européenne, transporter plus de 10 000 euros en espèces sans déclaration préalable est strictement interdit lorsqu’on entre ou sort du territoire. À l’intérieur du pays, la règle est plus souple, mais une somme aussi importante attire forcément l’attention.

Les agents savent très bien que l’argent liquide reste le nerf de la guerre pour tous les trafics : drogue, traite d’êtres humains, travail dissimulé, ou encore fraude fiscale à grande échelle. Quand on voit 170 000 euros dans un sac à dos, la première question n’est jamais « est-ce légal ? » mais plutôt « d’où vient cet argent ? ».

« En général, les personnes interpellées avec ce type de sommes sont auditionnées puis remises en liberté dans l’attente des investigations. Mais 170 000 euros, ça ne passe pas inaperçu. »

Un policier expériment76 de la gare Montparnasse (anonyme)

Les premières pistes des enquêteurs

À ce stade, plusieurs hypothèses sont sur la table. La plus évidente : l’argent provient d’un trafic de stupéfiants. Les réseaux maghrébins, particulièrement actifs entre le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et la France, utilisent souvent des « mules » pour rapatrier l’argent sale vers l’Europe du Sud ou le Maghreb.

Une autre piste, tout aussi crédible : le financement d’activités illégales en France. Paris reste une plaque tournante pour le blanchiment via l’achat de biens immobiliers, le commerce de détail ou les salons de coiffure et restaurants tenus par des membres de la communauté.

Enfin, certains n’excluent pas la piste terroriste, même si elle semble moins probable ici. Les services spécialisés vérifient systématiquement les antécédents de la personne et ses éventuels liens avec des mouvements radicaux.

Le profil du suspect : ce que l’on sait déjà

L’homme est âgé de 30 à 35 ans. Il voyageait seul, sans bagage encombrant autre que ce fameux sac à dos. Selon les premières informations, il arrivait d’une grande ville du sud de la France – peut-être Marseille ou Nice, deux portes d’entrée connues pour les trafics en provenance du Maghreb.

Son casier judiciaire en France serait vierge, mais cela ne veut rien dire : beaucoup de passeurs ou de convoyeurs d’argent sont des profils « propres » choisis précisément pour ne pas attirer l’attention.

Les enquêteurs vont maintenant éplucher ses téléphones, ses comptes bancaires (s’il en a), ses déplacements récents et ses contacts. Chaque billet va être analysé : traces de drogue éventuelles, numéros de série, usure anormale… Tout peut constituer un indice.

Pourquoi Montparnasse, pourquoi maintenant ?

La gare Montparnasse n’est pas choisie au hasard. C’est l’une des six grandes gares parisiennes, avec un flux incessant de voyageurs vers la Bretagne, le Sud-Ouest et surtout l’Espagne via Hendaye. Beaucoup de convois partent aussi vers le nord de l’Europe.

En cette fin novembre 2025, les contrôles ont été renforcés dans toutes les gares suite à plusieurs alertes sur des mouvements d’argent suspect en provenance d’Espagne et du Portugal, deux pays souvent utilisés comme portes de sortie vers l’Afrique du Nord.

Le timing est donc loin d’être anodin. Les services de renseignement estiment que les fêtes de fin d’année sont une période propice au rapatriement des bénéfices des trafics réalisés tout au long de l’année.

Que risque réellement l’individu interpellé ?

S’il ne parvient pas à justifier l’origine licite de cette somme, les sanctions peuvent être très lourdes :

  • Confiscation définitive de l’argent
  • Jusqu’à 5 ans de prison pour blanchiment simple
  • Jusqu’à 10 ans si lien avec une organisation criminelle
  • Amende pouvant atteindre 750 000 euros
  • Interdiction de territoire français

Même en cas de relaxe pénale, l’argent restera saisi le temps que l’administration fiscale fasse son travail. Et là, les redressements peuvent être astronomiques.

Un phénomène bien plus large qu’on ne le croit

Cette interpellation n’est malheureusement pas isolée. Chaque année, des dizaines de millions d’euros en espèces sont saisis dans les gares, les aéroports et sur les autoroutes françaises. En 2024, la douane annonçait avoir intercepté plus de 98 millions d’euros non déclarés.

Et encore, il ne s’agit que de la partie visible. Les experts estiment que seul 5 à 10 % de l’argent sale circulant réellement est intercepté. Le reste passe entre les mailles du filet grâce à des techniques de plus en plus sophistiquées : hawala, cryptomonnaies, ou division des sommes entre plusieurs convoyeurs.

Ce que montre cette affaire de Montparnasse, c’est que malgré tous les dispositifs, l’argent liquide reste roi dans l’économie parallèle. Et tant qu’il y aura des trafics très lucratifs, il y aura des hommes – et parfois des femmes – prêts à prendre le risque de transporter des valises ou des sacs à dos remplis de billets.

Vers une société sans cash ? Pas si simple

Certains y verront l’argument parfait pour accélérer la disparition de l’argent liquide. Mais dans les faits, les pays qui ont le plus réduit l’usage des espèces (Suède, Norvège) constatent que les trafiquants se tournent simplement vers d’autres solutions : cartes prépayées anonymes, cryptomonnaies, ou même l’or.

Le cash reste pratique, intraçable quand on sait faire, et universellement accepté. C’est pour ça qu’il continue, malgré tous les discours, d’être le carburant préféré des activités illégales.

L’affaire du sac à dos à 170 000 euros n’est qu’un épisode parmi des milliers d’autres. Mais elle rappelle brutalement que derrière les grandes déclarations politiques sur la lutte contre la criminalité organisée, il y a une réalité bien concrète : des liasses de billets qui circulent tous les jours sous nos yeux, dans nos gares, nos trains, nos rues.

Et tant que l’origine de cet argent ne sera pas expliquée, une question continuera de hanter les enquêteurs : combien d’autres sacs à dos identiques ont passé les contrôles ce même jour, sans être détectés ?

Affaire à suivre.

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